VIDEO. Real-PSG: On tape toujours sur les mêmes, mais c’était quoi ce coaching d’Emery?

FOOTBALL Les choix courageux de l’entraîneur parisien n’ont pas été payants face au Real-Madrid en 8e de finale aller de la Ligue des champions…

Julien Laloye
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Emery et Zidane complices après la victoire du Real sur le PSG (3-1).
Emery et Zidane complices après la victoire du Real sur le PSG (3-1). — Paul White/AP/SIPA
  • L’Espagnol a fait des choix forts en laissant Thiago Silva et Lassana Diarra sur le banc
  • Il a perdu la bataille tactique en cours de match face à Zidane

De notre envoyé spécial à Madrid,

Une image encore plus cruelle que les autres pour Emery et le PSG. La course de Marcelo après le troisième but madrilène, celui qui rend la tâche presque impossible au retour, pour aller embrasser Zidane, suivi de tous ses coéquipiers. Le message du Brésilien, limpide : « Je voulais le remercier d’avoir cru en nous. On est à mort avec lui ». Pourquoi on commence par là ? Parce qu’a contrario, on se demande bien comment Emery va s’y prendre avec un vestiaire à ramasser à la petite cuillère après ses choix déroutants.

L’entraîneur espagnol a parfois manqué de courage depuis qu’il est à Paris. Mercredi, il avait décidé de regarder la mort en face sans jamais cligner des yeux. Bazardé Thiago Silva, le capitaine historique du PSG qatari pointé du doigt le soir de la remontada, oublié Kurzawa, envoyé en tribunes causer tricot avec Thiago Motta, snobé Di Maria, pourtant meilleur attaquant parisien en 2018, laissé en bout de banc Diarra, dont on pensait qu’il avait été recruté pour ces

 

soirées-là.

 

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Le choix Lo Celso en sentinelle, un désastre

Ça a marché bon an mal an, jusqu’au cauchemar des dix dernières minutes, dossier Lo Celso mis à part. L’Argentin est un beau joueur mais il est jeune, il est un peu lent dans la prise de décision, parfois, et cela a sauté aux yeux à Madrid, où il a remis le Real dans le match sur un penalty couillon, en plus de plusieurs pertes de balles dangereuses. Pourquoi Emery ne l’a pas sorti avant la 80e minute alors qu’il pénalisait l’équipe depuis un bail, c’est un mystère.

Cela dit, ça ne se voyait plus tant que ça. En choisissant de faire entrer Meunier pour replacer Alvès au milieu de terrain, Emery a tenté un coup qui lui avait souvent réussi, en Ligue 1. Le PSG avait d’ailleurs repris le contrôle du match en partie grâce à sa supériorité nouvelle au milieu, et on se disait à cet instant qu’il y avait peut-être mieux à gratter que le match nul. Et puis le drame. Les deux changements simultanés de Zidane pour repositionner son équipe en 4-4-2 avec Lucas Vasquez et Asensio sur le côté. Meunier, habituellement si fiable, incapable d’empêcher le petit gaucher espagnol de centrer deux fois, pour deux buts. Un bon coaching qui se transforme en horreur absolue en cinq minutes.

En public, Nasser Al-Khelaïfi a évité d’assassiner son subalterne. « Je fais 100 % confiance aux choix du coach ». Les joueurs n’ont pas moufté : « Le coach, c’est le commandant, il fait ce qu’il veut avec l’équipe » (Neymar). Emery lui-même semblait content de lui : « Je crois que l’équipe a fait un bon match avec un gros résultat, avec de la personnalité. Et quand nous avions le plus la maîtrise sur le terrain, il y a eu les deux derniers buts. L’équipe a mérité un meilleur résultat. »

90 minutes pour sauver sa peau

Reste le bilan implacable. Emery a retourné son vestiaire pour se retrouver à la rue avant le retour. On la lui souhaite bien bonne avec Thiago Silva​, qui ne s’est même pas échauffé avant le match, même si Marquinhos a assuré que l'’immense déception de son compatriote n’avait pas déteint sur son vestiaire.

« C’est notre capitaine, un joueur très important qui a gardé une attitude positive dans le vestiaire. Avec son discours, il a essayé de mettre les joueurs dans le positif. » Di Maria, lui, a traversé la zone mixte comme une flèche en disant sans doute qu’il n’aurait pas eu besoin de la moitié des munitions gâchées par Neymar et Mbappé pour marquer contre son ancien club. Tout ça peut encore bien se finir, bien sûr. Le PSG sait battre le Real 4-1 à la maison. Et pour tout dire, on se demande même si ça suffirait à sauver les fesses d’Unai.