LOSC: Le tribunal de commerce rendra sa décision le 5 mars dans l'affaire qui oppose le LOSC à Marcelo Bielsa

FOOTBALL L’entraîneur argentin, qui réclame 18 millions d’euros au club nordiste suite à son licenciement, a assigné le LOSC devant le tribunal de commerce de Lille…

Francois Launay

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Marcelo Bielsa va régler son cas avec le Losc devant la LFP, le 12 décembre 2017.
Marcelo Bielsa va régler son cas avec le Losc devant la LFP, le 12 décembre 2017. — Michel Spingler/AP/SIPA
  • Le tribunal de commerce rendra sa décision le 5 mars.
  • Les avocats du LOSC sont satisfaits du réquisitoire du procureur qui va dans leur sens à savoir que le club n’est pas en cessation de paiement.
  • Pour l’avocat de Bielsa, le club est en grande difficulté financière.

Le match entre le LOSC et Marcelo Bielsa est loin d’être terminé. Licencié de son poste d'entraîneur le 22 novembre dernier pour faute grave, l’entraîneur argentin réclame 12,9 millions d’euros d’indemnités à son ancien club.

Pour faire pression sur son ancien employeur et se faire payer, «El Loco» a décidé d’assigner le LOSC devant le tribunal de commerce pour « cessation de paiement ». Son but affiché étant l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou la nomination d’un administrateur pouvant prouver les difficultés financières du club nordiste.

>> A lire aussi : Ligue 1: Marcelo Bielsa réclamerait 18 millions à Lille, une somme que le club est incapable de payer?

Pour les avocats du LOSC :

Gérard Lopez, ici lors d'une conférence de presse en janvier 2017.
Gérard Lopez, ici lors d'une conférence de presse en janvier 2017. - FRANCOIS LO PRESTI / AFP

1) Le procureur de la République va dans le sens du LOSC

Mais l’audience qui s’est déroulée pendant plus d’une heure ce lundi au tribunal de commerce de Lille Métropole n’a pas donné lieu à une décision immédiate. L’affaire a été mise en délibéré au 5 mars. Mais les avocats du LOSC se montrent déjà très confiants sur une issue positive.

« Nous avons fait valoir que les difficultés financières évoquées par Monsieur Bielsa étaient infondées. Nous avons démontré que le club n’était pas en état de cessation de paiement. Le procureur de la République nous a suivis dans notre démonstration et a demandé le rejet de l’intégralité des demandes de Monsieur Bielsa », explique Me Thomas Deschryver, l’un des avocats du LOSC.

2) L’attitude de Marcelo Bielsa est « parfaitement scandaleuse »

L’avis du parquet semble donc aller dans le sens du club nordiste ce qui réjouit Me Bernard Wambeke, l’autre avocat du LOSC, qui ne prend pas de gants pour tacler l’ex-entraîneur du club.

« Je trouve la demande de Monsieur Bielsa parfaitement scandaleuse. Vous avez 128 salariés qui sont tenus en suspens par la démarche égoïste d’un homme qui prend tout le monde en otage en assignant devant le tribunal de commerce alors qu’il n’a rien, hormis des articles de presse, pour prouver que le club est en cessation de paiement. Ce n’est pas sérieux » tance l’avocat avant de rentrer un peu plus dans les détails.

3) Les comptes du LOSC ne présentent « aucun solde négatif »

« Le LOSC paie ses salariés, est à jour de ses cotisations, ne comporte pas de comptes présentant un solde négatif. Nous avons justifié de cela devant la juridiction. C’en est assez des allégations de Monsieur Bielsa qui n’ont qu’un seul but : faire pression pour obtenir à l’amiable ce qu’il ne parvient pas à obtenir devant les juridictions ».

Pour l’avocat de Marcelo Bielsa :

Marcelo Bielsa, l'ex entraîneur du club de foot de Lille.
Marcelo Bielsa, l'ex entraîneur du club de foot de Lille. - CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

1) Le procureur « n’a pas voulu entendre parler des pièces déposées par Marcelo Bielsa »

Évidemment, c’est un autre son de cloche qu’on entend chez les représentants de Marcelo Bielsa. Si l’on reconnaît que le réquisitoire du procureur de la République va dans le sens du LOSC, rien n’indique que le club nordiste aura gain de cause le 5 mars comme l’affirme Me Benjamin Cabagno, avocat du coach argentin.

« Le procureur a décidé d’exclure les pièces envoyées par Marcelo Bielsa le 15 février dernier. Il a dit qu’il rendait un réquisitoire sur la base exclusive des pièces et conclusions du LOSC. Le procureur n’a pas voulu entendre parler des 36 pièces déposées par Monsieur Bielsa (comptés déposés du LOSC, Kbis, créances, état des comptes). Le parquet a un avis à donner. Aucune décision n’a été prise aujourd’hui. »

2) Marcelo Bielsa a voulu une médiation « refusée par le LOSC »

Le défenseur du coach nordiste en a aussi profité pour revenir sur les motivations du technicien. « Monsieur Bielsa a voulu qu’une médiation soit faite pour discuter avec le club qui a refusé. On pouvait imaginer le paiement d’une créance sur 1, 2 3, 4 ans mais le LOSC a refusé cette médiation. Ce qui veut dire que le club joue la survie des 128 emplois sur un coup de poker. On verra le 5 mars mais on verra peut-être après aussi », explique le représentant d’El Loco qui estime que quelle que soit la décision du tribunal, un appel aura lieu devant la cour d’appel de Douai.

3) Lille est à « 249 millions d’euros d’endettement »

Car pour Me Cabagno, Lille est bien en grande difficulté financière. « Les comptes déposés en 2016 avant la reprise faisaient état de 99 millions d’euros d’endettement. Aujourd’hui, le projet de rachat du club​ a été exclusivement financé par 150 millions d’euros d’endettement. Hors créance de Monsieur Bielsa, on est déjà à 249 millions d’euros d’endettement. Sans compter les redevances du stade, les créances auprès d’autres clubs comme Saint-Etienne pour le transfert de Malcuit ou Angers pour Pepe. Il y a aussi une masse salariale de 4 millions d’euros par mois », détaille l’avocat qui ne ferme pas la porte à un accord à l’amiable.

Conclusion : l’affaire est loin d’être réglée sauf accord à l’amiable

Dans cette histoire de gros sous, chacun reste campé sur ses positions avec deux versions bien différentes dans une affaire qui n’a pas fini de faire parler d’elle. Le 5 mars, le tribunal de commerce rendra sa décision. Le 13 mars, ce sera au tour du tribunal des prud’hommes de Lille d’évoquer le fond du licenciement. Les deux parties n’ont pas fini d’étaler leur linge sale sur la place publique. Vraiment pas terrible pour l’image du club et de son ancien entraîneur.