Football: «C'est l'élite de la fac!» On a vérifié les clichés autour du soccer universitaire américain

UNIVERSITE Des facs américaines et canadiennes recrutent en Provence. Mais avant de vous précipiter aux détections, « 20 Minutes » a vérifié deux-trois clichés sur le sport outre-Atlantique…

Jean Saint-Marc

— 

Des étudiants-athlètes de l'université McGill, à Montréal.
Des étudiants-athlètes de l'université McGill, à Montréal. — Sylvain Granier
  • Face à la pénurie de talents outre-Atlantique, les facs américaines et canadiennes recrutent en France, pour leurs équipes universitaires de « soccer ».
  • Une détection est organisée mardi prochain au Creps d’Aix-en-Provence.

On a tous en tête cette image du sportif sur un campus américain : le beau gosse, un peu crétin, qui chope à tout va et qui est super populaire. Image qui n’est pas vraiment issue d’une ethnographie précise mais plutôt du binge-watching de séries américaines plus ou moins débiles. Alors que mardi prochain, au Creps d’Aix-en-Provence, une vingtaine de footeux provençaux vont tenter de se faire repérer par des facs canadiennes et américaines, 20 Minutes vérifie les gros clichés du foot américain… Enfin pardon, du soccer.

>> Les sportifs sont les rois du campus. Plutôt vrai. « Dès qu’on nous voit avec les équipements.. Les gens savent qu’on appartient à l’équipe, on est vraiment une sorte d’élite dans l’université », glisse Bastien Aussems, « meilleur pointeur » (buts + passes décisives) de l’équipe de Laval, au Québec, qui l’a recruté l’an dernier à Aix. En France, il jouait en DHR (6e échelon), à Beaucaire (Var). Et au Canada, tous les week-ends, il signe des autographes et prend des selfies avec les gamins du coin. Et oui, si vous vous posez la question, « ça aide vraiment pour les rencontres » (rire entendu). Même s’il faut passer après les « vraies stars » : ceux qui pratiquent le foot américain.

>> A lire aussi : Foot US: Malgré une défaite cruelle en finale, la folle histoire des Blue Stars de Marseille continue

>> Les Américains et les Canadiens sont vraiment nazes en foot. Il y a du vrai là-dedans. Au Canada, le niveau des équipes universitaires se situe, grosso modo, entre la DHR et la CFA 2. « Les Français qui ont fait un centre de formation sont en vue là-bas, le niveau est vraiment inférieur, surtout sur le plan technique et tactique », glisse Clément Bompart, ancien du centre de formation de l'OM, qui organise ces détections en France. « Ça joue pas mal, quand même, c’est très physique », nuance Maxime Fieujan, étudiant-athlète à la Thompson Rivers University, qui nous raconte en avoir bien bavé pendant la prépa d’avant-saison.

>> La fac outre-Atlantique, ça coûte un bras. Oh que oui. 5.000 euros l’année pour les facs les plus abordables, au Québec, et jusqu’à 20.000 balles pour les facs américaines. Voilà pour les frais d’inscription, et il faut ajouter le logement et la (mal) bouffe. « Lors de la détection, on les filme, et j’envoie les vidéos aux coachs, là-bas. Ils accordent des bourses, qui peuvent couvrir entre 50 % et 100 % des frais de scolarité », indique Clément Bompart, dont la société, s’appelle, justement «  Bourse Sportive ». Une fois sur place, il n’est pas rare que les étudiants-footeux trouvent un petit boulot pour mettre du beurre dans les épinards. Car, bien sûr, les footballeurs universitaires ne sont pas rémunérés.

>> Les sportifs n’ont rien dans le cerveau. Evidemment, c’est faux. Dans la (très oubliable) série Blue Mountain State, aucun des Goats (le nom de l’équipe, pas l’animal) n’a inventé l’eau chaude. C’est un cliché, nous jurent nos étudiants athlètes, recrutés, aussi, sur dossier académique. « On leur fait passer le Toefl pour vérifier leur niveau d’anglais et la dimension scolaire est très importante », assure Clément Bompart. « Si vos notes sont insuffisantes, la bourse diminue », précise Maxime Fieujan, qui étudie le management… Il vient de bénéficier d’une rallonge de bourse, grâce à ces résultats scolaires et sportifs. Ce serait donc vrai, cette histoire de rêve américain ?