Rugby: Un ancien joueur australien accuse son club de l'avoir trop exposé à des commotions cérébrales

SANTE L'ancien ailier des Newcastle Knights âgé de 31 ans a mis fin prématurément à sa carrière à cause d'un hématome au cerveau...

20 Minutes avec agences
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Un ballon de rugby lors du match entre l'Afrique du Sud et les Samoa pendant la Coupe du monde, le 9 septembre 2007 au Parc des Princes de Paris.
Un ballon de rugby lors du match entre l'Afrique du Sud et les Samoa pendant la Coupe du monde, le 9 septembre 2007 au Parc des Princes de Paris. — Nivière / SIPA

James McManus, un ancien ailier des Newcastle Knights [championnat australien de rugby à XIII], vient de lancer une action contre son ancien club l’accusant de l’avoir trop souvent exposé à des commotions cérébrales. Une première qui pourrait bien bousculer le monde du rugby.

Encouragé ou autorisé à continuer de jouer malgré les chocs subis

James McManus accuse son club d’avoir manqué à ses obligations envers lui notamment en minimisant les conséquences sanitaires sur le long terme des multiples commotions subies. Selon lui, on l’aurait encouragé ou autorisé à continuer de jouer malgré les chocs subis, jusqu’à ce qu’un hématome au cerveau mette fin prématurément à sa carrière.

« Je n’ai pas vraiment souhaité être le premier à dénoncer cette situation mais je pense vraiment que les choses doivent changer dans notre sport », a déclaré l’ancien rugbyman de 31 ans en déposant sa plainte en février.

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Mieux prendre en compte ces « blessures invisibles »

En Australie, de nombreux experts réclament que ces chocs à la tête, qualifiés de « blessures invisibles », soient davantage pris en compte. Au lieu de ça, estiment-ils, elles sont minimisées, sans doute en raison d’une culture machiste largement répandue qui considère ces blessures comme autant de marques de virilité.

Cette prise de conscience des conséquences graves de la répétition de chocs à la tête et de commotions cérébrales chez les sportifs est récente. En 2015, la Ligue américaine de football (NFL) a ainsi dû payer jusqu’à 1 milliard de dollars de dommages et intérêts à d’anciens joueurs souffrant de pathologies du cerveau, allant de la maladie d’Alzheimer à la maladie neurodégénérative de Charcot.

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Amende et carton bleu

En Australie, différentes fédérations (rugby à XV, à XIII, football australien et cricket) ont établi des protocoles de suivi de ces commotions, n’hésitant pas à condamner à de fortes amendes (350.000 dollars australiens, 248.550 euros) des clubs ne les ayant pas respectés.

Cette année, une nouvelle règle a également fait son apparition au rugby à XV à titre expérimental, et dans des championnats locaux : les joueurs qui montrent des signes de commotion reçoivent de la part de l’arbitre, sans avis du médecin, un carton bleu, synonyme de fin du match pour eux.

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