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Sergio Agüero ne veut pas connaître un destin espagnol à la Maradona

Sergio Agüero ne veut pas connaître un destin espagnol à la Maradona

POLEMIQUELe jeune prodige de l'Atletico Madrid subit la violence des défenses espagnoles. Comme Diego en son temps...
Stéphane Alliès

Stéphane Alliès

C'est un débat vieux comme le football: doit-on protéger l'attaquant, surtout s'il est virtuose, ou permettre aux défenseurs d'exprimer tout le vice qui fait leur charme? Basiquement, il existe une typologie comportementale pour chacun des grands championnats européens. Les arbitres italiens optent pour l'indulgence maximale aux attaquants, les transformant en comediante chevronnés. Les Anglais autorisent le «viril mais correct». Et les Espagnols s'accomodent des voyoux.


Le spectre Goikotxea


Outre-Manche, on commence à s'inquiéter du glissement progressif de l'honorable «fighting spirit» vers la violence façon parking de boîtes (retrouvez la chronique photos à l'appui de l'ancien arbitre Graham Poll dans le «Daily Mail»). En Espagne, la prise de conscience semble animée par un souvenir qui hante les mémoires honteuses d'une Liga hargneuse. Celle de Diego Maradona, tout jeune Mozart arrivé d'Argentine à Barcelone, assassiné par le Basque ténébreux de l'Athletic Bilbao, Andoni Goikoetxea. Depuis élu par le «Times» comme le «joueur le plus brutal de tous les temps»...




C'était le 24 septembre 1983, et «El Pibe de Oro» voyait sa saison quasi-terminée. Cheville cassée, 4 mois d'arrêt. Et, surtout, le Barça laissait filer son icône. Maradona ira à Naples écrire sa légende, ne se privant jamais de cracher sur le laxisme arbitral envers les défenses espagnoles (sur le thème, retrouvez le blog spécial Maradona de So Foot en cliquant ici)...


«Protection pour Agüero»


Cette fois-ci, c'est l'un des fils spirituels cachés de Diego que l'Espagne veut protéger. Celle de Sergio «El Kun» Agüero, petite merveille de l'Atletico Madrid championne du monde des - de 21 ans. Non seulement il a déjà marqué son but de la main (il a même cédé avant Messi à ce pélerinage obligatoire pour tout prodige argentin voulant faire une belle carrière, comme pour tuer le père...), mais Agüero est un authentique talent. Peut-être le meilleur actuellement en Espagne...




Or, «el Kun» en prend lui aussi plein les chevilles depuis qu'il a signé il y a dix-huit mois chez les Rojo y blanco. Du coup, il s'énerve. Et l'arbitre lui met un rouge, comme lors de la dernière journée, face à l'Espanyol Barcelone (ça se passe au bout d'une minute, en cliquant ici). Le club en appelle à l'honneur du foot espagnol et la presse madridiste relaie l'indignation, réclamant «protection pour Agüero» ici ou là...


Car ce qui hante encore plus les amateurs espagnols de ballon, ce serait de revivre la scène de baston surréaliste de la finale de la Coupe du Roi 1984. Convalescent, Diego retrouvait ses meilleurs ennemis et, après un match où les pires tacles au genou succédèrent aux plus belles insultes ibères, devenait l'emblème des petits qu'il faut pas trop emmerder non plus, au cours d'une baston de fin de match mémorable...





Stéphane Alliès





Le Bonus corso-languedocien


On n'a pas parlé du championnat de France, mais on ne peut s'empêcher de vous offrir sur le sujet, en guise de bonus de Noël, deux vidéos méconnues, qui montre que dans notre football, si les arbitres sont plutôt du côté de la sévérité, il y a quand même de belles et viriles rencontres. Alors, voici deux chefs-d'œuvre underground du genre, méconnus et forcément cultes. D'abord, un résumé effrayant du Montpellier-Nîmes 1996 (demi-finale de Coupe de France), puis une rétro best-of lucidement intitulée «les guerriers de Furiani», en hommage à l'ême bastiaise... Enjoy...



NO-MHSC 1996 : "Un rêve, un combat"
jeymz


SC Bastia - Les guerriers de Furiani
Blowback2b