Retraite: Phil Collins, missiles et grinta... On vous explique pourquoi on préférait Gerrard à Zizou

FOOTBALL Steven Gerrard a pris sa retraite sportive jeudi. Il est temps de lui rendre hommage...

William Pereira

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Même Zizou le dit...
Même Zizou le dit... — Photo: SIPA Montage: WP

Steven Gerrard n’a jamais caché son admiration pour Zinédine Zidane. Il y a deux mois, à l’occasion d’un événement commercial avec sa désormais ancienne équipe des Los Angeles Galaxy, le Scouser avait déclaré, sans ambiguïtés : « Quand j’ai commencé, il [Zidane] était le meilleur au monde. Alors, j’essayais de copier la façon dont il jouait, autant à l’entraînement que pendant les matches. »

S’inspirer de Zizou aura plutôt bien réussi à l’artiste, que le maître a fini par adouber dans une interview dans The Guardian au lendemain d’une fessée infligée par Liverpool au Real Madrid en Ligue des champions. C’était en 2009. « Il n’attire pas l’attention comme Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, mais oui, je pense que c’est le meilleur du monde. » La vérité, c’est que « Stevie G » a fini par dépasser Zidane. En tout cas à nos yeux.

C’était le plus décisif de tous

Vous en connaissez, vous, des types qui plantent au moins un but dans toutes les finales possibles ? A part Steven Gerrard, personne n’a réalisé l’exploit de marquer en finale de Coupe d’Angleterre, de Coupe de la Ligue, de Coupe de l’UEFA et de Ligue des champions. Et autant vous prévenir que ses buts, en plus d’être beaux, ne comptaient pas pour du beurre.

  • En 2001, il plante le deuxième but des Reds en finale de Coupe de l’UEFA contre Alavés (victoire 5-4 de Liverpool).
  • En 2004, quelques mois avant la finale d’Istanbul, le club de la Mersey galère dans sa poule de C1. Il a besoin d’une victoire par deux buts sur l’Olympiakos lors de la dernière journée pour passer en 8es de finale. A la 86e, il n’y a que 2-1 pour Liverpool. Quand soudain, Gerrard décide d’en finir avec cette vaste mascarade.
  • Quelques mois plus tard, c’est lui qui sonne la révolte à 3-0 pour le Milan AC en finale, d’une tête enragée. Quelques minutes plus tard, il obtiendra un penalty (très généreux) qui débouchera sur le 3-3.
  • « Additionnel time: four minutes ». Au moment où l’arbitre assistant annonce le temps additionnel au Millenium Stadium, Liverpool perd d’un but contre West Ham en finale de FA Cup (3-2). Déjà auteur d’un but à la 54e, le légendaire capitaine sort un missile de nulle part pour égaliser. Les Reds l’emporteront aux tirs au but.

Sa grinta et ses tacles, c’était quelque chose…

Mais Steven Gerrard, ce n’était pas que des buts et des actions de folie. Non, Stevie G, c’était aussi une énorme envie, une grinta à en faire pâlir les meilleurs soldats de Diego Simeone et un amour sans pareil des tacles glissés sur dix mètres dignes des premiers PES sur PS2. Si l’expression « box-to-box » a été inventée, c’est bien pour le cap’tain. Vous avez déjà vu Zidane faire des trucs de fou comme ça, vous ?

Evidemment, il y a eu quelques fails, quelques cartons rouges. Mais ça faisait partie des risques du métier. Et puis avouez qu’on se sera bien marrés avec cette expulsion express (38 secondes après être entré sur le terrain) contre Manchester United en 2015.

Non, ce n’était pas un bourrin

Les détracteurs du meilleur milieu de terrain anglais du siècle (ne venez pas nous parler de Scholes et Lampard avec nous, c’est inutile) aiment souvent dire que « Gerrard, c’était juste un bourrin sans technique ». Il est temps de mettre les points sur les « i » avec une petite compil' de transversales de 1792 mètres de Stevie la légende.

Techniquement, il pouvait aussi faire des trucs que même Zidane, Messi, Pelé et Riquelme ne savaient pas réaliser. Genre ce truc, là.

Il n’a jamais caché son amour pour la musique de Phil Collins, et ça c’est beau

La légende d’un footballeur n’est jamais complète si le personnage qui l’accompagne est fade comme une salade sans vinaigrette. Maradona était une grande gueule camée. Cruyff un beau gosse arrogant, Zizou avait ses coups de sang. Gerrard avait aussi les siens. Mais en mieux. Il en est venu aux mains avec un DJ qui refusait de passer du Phil Collins, son chanteur préféré. « J’étais dégoûté, je voulais simplement régler ça avec lui », a déclaré l’ancien milieu de terrain à la police.

Quand vous en venez à aimer Phil au point de casser des tronches, c’est que vous êtes forcément à part. Les Italiens diraient fuoriclasse. Et c’est ce que Steven Gerrard était. Hors-catégorie, comme un Galibier du football que l’on espère vite, très vite retrouver sur un banc comme entraîneur.