JO 2024: Le retrait de Rome? Tout sauf une grande nouvelle pour Paris

JEUX OLYMPIQUES La maire de la capitale italienne refuse de se lancer dans la course...

Romain Baheux

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La maire de Rome Virginia Raggi en conférence de presse le 21 septembre 2016.
La maire de Rome Virginia Raggi en conférence de presse le 21 septembre 2016. — Roma/IPA/SIPA

On peut parler d’une mort cérébrale. Si la candidature de Rome pour les Jeux Olympiques 2024 n’est pas encore officiellement enterrée, la maire de la capitale italienne, Virginia Raggi, lui a asséné un coup fatal lors d’une conférence de presse dénuée de toute langue de bois mercredi. « Non aux Jeux du béton ! Absolument non ! Non aux cathédrales dans le désert. Nous n’hypothéquerons pas l’avenir de cette ville », a lancé l’élue, détruisant le rêve du comité olympique italien, déjà lâché par son gouvernement lors de sa tentative pour l’édition 2020.

Du coup, ils ne sont plus que trois en lice : Paris, Los Angeles et Budapest, après ledésistement d’Hambourg en novembre 2015 et donc de Rome. Et du coup le rapport de force s’établit presque logiquement : Paris devient le champion du Vieux Continent devant l’ousider hongrois ? Pas si simple.

« Historiquement, il n’y a pas de bloc européen, insiste Armand de Rendinger, spécialiste de l’olympisme et auteur de Paris 2012, Paris gâché. Il y a des divisions sur ce continent, des intérêts multiples. Il y a des raisonnements propres à certains Etats qui rentrent en jeu. »

Paris avait joué la carte Tokyo en 2020

On serait d’ailleurs mal avisé de critiquer ce manque de solidarité continentale.En 2013, la délégation française s’était pointée au congrès du CIO à Buenos Aires en soutien de la candidature de Tokyo pour les JO 2020, alors que Madrid et Istanbul prétendaient à l’organisation de l’événement, afin de ne pas compromettre les chances parisiennes pour 2024 en cas de victoire européenne. Et oui, la traditionnelle logique de rotation des continents, qui pourrait inciter des prétendants européens pour 2028 à jouer contre nous lors du vote de Lima en septembre 2017.

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« Après, c’est aussi un calcul risqué dans la mesure où il n’y aura peut-être pas d’ouverture en 2028 avec peut-être encore des nations asiatiques intéressées [le Qatar pourrait être candidat], glisse l’historien de l’olympisme Eric Monnin. Pour le moment, c’est trop difficile de décrypter les intentions des cardinaux de l’olympisme. » « Franchement, dire que les voix de Rome iront à Paris ou Los Angeles pour telle ou telle raison, c’est de la discussion de bistrot », renchérit Armand de Rendinger.

En conclusion ? Los Angeles et Paris restent favoris, devant Budapest en outsider. Et il faudra aller draguer, comme tous les autres votants, nos voisins.