JO 2016: Les pistards prennent une médaille mais vont encore morfler contre les Britanniques

JEUX OLYMPIQUES La France a pris la troisième place, le Royaume-Uni s’est encore emparé de l’or en vitesse par équipes…

Romain Baheux

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Grégory Baugé et l'équipe de France de vitesse par équipes le 11 août 2016 à Rio.
Grégory Baugé et l'équipe de France de vitesse par équipes le 11 août 2016 à Rio. — Greg BAKER / AFP

De notre envoyé spécial à Rio,

Un vélodrome, un God Save the Queen, et des Anglais hilares. Finalement, rien ne change en cyclisme sur piste. Comme il y a quatre ans à Londres, on est partis pour bouffer du Britannique à toutes les sauces dans ces JO brésiliens. Dès les qualifications, les poursuiteuses ont battu le record du monde, les hommes l’ont approché et l’équipe masculine de vitesse a conservé son titre, uniquement perturbé par les Néo-Zélandais. Médaillés de bronze, les Bleus ont regardé les avions de chasse passer.

« Ce qu’ils ont sorti là, on ne l’a jamais fait, souffle Michael D’Almeida, auteur d’un énorme finish contre l’Australie pour assurer le podium. On va plus savourer ce bronze que l’argent de Londres parce que ces deux équipes étaient trop fortes. Ce qui me frustre, c’est ce fossé avec eux. »

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Mais comment expliquer « ce monde d’écart », pointé par le DTN Vincent Jacquet ? Les Britanniques, puisque ce sont eux dont on parle, auraient encore creusé l’écart technologiquement. Cette semaine, le Daily Mail évoquait une combinaison miracle là où The Sun parlait d’une peinture révolutionnaire pour les vélos. Et puis, il y a le traditionnel doute inhérent à une telle domination. Pour tout le monde, le flou règne autour de  Callum Skinner, finisseur du relais. « On se doutait que JasonKenny serait très fort. Mais c’est plus inattendu pour lui, estime le technicien français Laurent Gané. Il avait du mal à prendre les roues cet hiver… »

Sinon, on en parle des tensions chez les Bleus ?

Mais avant d’aller chercher des poux de l’autre côté de la Manche, les Français doivent regarder chez eux. En quatre ans, les Bleus n’ont pas progressé. « On plafonne », glisse le DTN. Difficile également de ne pas souligner les difficultés relationnelles au sein du trio. Deux d’entre eux, Grégory Baugé et Michaël D’Almeida, estiment qu’ils seraient plus forts avec, comme à Londres, Kévin Sireau à la place de François Pervis, aligné pour défendre également ses chances en individuel.

Bonne ambiance sur Twitter.
Bonne ambiance sur Twitter. - Twitter Grégory Baugé

En deux ans, les Bleus ont changé deux fois d’entraîneur, passant de Florian Rousseau à Justin Grace, aujourd’hui chez les Britanniques, à Laurent Gané. « On met en place un socle pour que le chrono évolue lors de la prochaine olympiade », concède Vincent Jacquet. Et puis, que dire de cette sortie de Michaël D’Almeida.

« Le résultat est dû à une atmosphère, des personnes qui gravitent autour de nous. Je ne vous dirai pas tout. Il y a des gens qui, bien heureusement, n’ont pas eu le droit de venir à Rio. Ils nous ont porté préjudice. En tout cas à moi. Il va falloir que ça se règle. »

D’ici vendredi et le début de la vitesse individuelle, ça s’annonce compliqué.