JO 2016: Et si le bronze faisait plus plaisir que l’argent? (spoiler alerte, bah c’est non)

JEUX OLYMPIQUES Finir sur une victoire donne une autre perspective à une médaille olympique…

B.V.

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Vaut-il mieux finir troisième?
Vaut-il mieux finir troisième? — SIPA/Montage

Il y avait quelques chose d’à la fois étrange et de très naturel dans les deux médailles gagnées par l’équipe de France coup sur coup par l’équipe de France de judo, jeudi. Audrey Tcheuméo, battue en finale à la suite d’un gros combat face à Kayla Harrisson, semble un peu abattue. Cyril Maret, vainqueur quant à lui du match pour la troisième place, explose de joie sur le tatami. L’une est en argent, l’autre en bronze. Et la question se pose : est-ce qu’une médaille de bronze ne laisse pas un mauvais souvenir qu’une médaille d’argent ?

On ne se permettrait évidemment pas d’avancer une théorie aussi loufoque sans un élément déclencheur. En l’occurrence, les premiers mots de Gauthier Grumier après sa médaille de bronze à l’épée, mardi: « Ce n’est pas forcément le métal que j’espérais, mais ce que je retiens c’est que j’aurais gagné une finale olympique, la petite finale. Je tenais à terminer sur une victoire. »


Parce qu’au fond, dans le sport comme dans tout, c’est souvent la dernière impression qui compte. Celle d’avoir fait l’effort de se relever après la déception de la demi-finale. Et puis soit on est champion olympique soit on ne l’est pas, et l’on se contente d’une médaille, au fond peu importe qu’elle soit d’argent ou de bronze. C’est en tout cas ce qu’on a demandé à Audrey Tcheuméo, qui a donc remporté l’argent après avoir remporté le bronze il y a quatre ans à Londres.

«Dans ‘je suis vice-championne olympique', il y a le mot olympique dedans»

« C’est pas pareil, assure-t-elle. Le bronze c’est bien, mais une finale olympique, c’est différent. » Seule judokate à avoir comme Tcheuméo deux médailles olympiques, Lucie Décosse confirme : « C’est sur que l’argent, si j’avais pas gagné l’or quatre ans après, je m’en foutais. Mais la différence entre le bronze et l’argent, c’est que quand on va demander à Audrey ‘alors t’as fait quoi aux JO’, si elle le bronze elle répondra : ‘j’ai fait 3’. Si elle a l’argent, elle répondra : ‘je suis vice-championne olympique'. Il y a le mot olympique dedans. »

Ce que confirme d’ailleurs Maret lui-même. « Si t’es deuxième tu perds en finale mais tu auras quand même joué pour un titre olympique, explique celui qui a fêté son anniversaire avec une médaille. Moi j’ai joué une médaille de bronze et je suis allé la chercher. C’est la plus grande satisfaction que j’ai. Après, deuxième c’est toujours mieux que troisième. »

Imparable. Même si la joie/déception de courte durée peut laisser penser l’inverse. « Sur l’instant tu gagnes donc tu as de la joie. Mais si tu viens de perdre, tu ne vas pas sauter partout. Même si t’es content d’avoir l’argent… T’as pris une boite, t’as perdu. »