Open d’Australie : Il était comment Djoko, avant de devenir un robot ?

TENNIS Une nouvelle fois injouable contre Federer, le Serbe fête cette année les dix ans de sa première victoire sur le circuit ATP, quand il était encore humain…

J.L.

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Novak Djokovic, en juillet 2006 pour son premier titre sur le circuit.
Novak Djokovic, en juillet 2006 pour son premier titre sur le circuit. — ERMINDO ARMINO/AP/SIPA

Novak Djokovic repousse chaque jour un peu plus les limites de la décence. Jeudi, en demi-finale de l’Open d’Australie. Il a réussi à nous faire prendre en pitié Roger Federer, humilié pendant deux heures avant d’accrocher un set pour l’honneur (6-1, 6-2, 3-6, 6-3). Par nostalgie d’un temps que les moins de dix ans ne peuvent pas connaître, quand le robot serbe n’écrasait pas le circuit de son emprise dictatoriale, on s’est replongé dans les archives personnelles du numéro un mondial pour trouver trace de sa première victoire en tournoi. Juillet 2006, à Amersfoort aux Pays-Bas. Sur sa route, en quarts de finale, le Français Marc Gicquel, battu en deux manches.

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« Ce serait prétentieux de dire que je savais qu’il allait finir par gagner tous ces Grands Chelems, prévient d’emblée le Breton, désormais retraité. En 2006, il avait quoi ? 18 ans. A cet âge-là, il peut encore se passer tellement de choses. En plus, il n’était pas de ma génération et je ne suis pas sûr qu’il était très fort en juniors ». Pas franchement, non. Une 24e place mondiale au mieux après une demi-finale à Melbourne, en 2004. Pourtant, la progression est indiscutable. Gicquel et Djokovic ont déjà ferraillé deux fois avant les Pays-Bas. La première, le Français prend le premier set. La deuxième, au dernier tour des qualifications à Roland, en 2005, il perd en deux manches malgré le soutien du public.

« C’était un mec solide, c’est sûr, qui se déplaçait plutôt bien sur le court. Et déjà bagarreur. J’avais le break d’avance à chaque fois et il s’est accroché. C’était un joueur bien entouré, avec un préparateur physique ; Il n’avait pas lâché contre moi mais il était encore un peu fragile à l’époque ». C’est en effet la période où le Serbe s’empiffre de gluten toute la journée. Un mois avant de soulever son premier trophée, il abandonne en quarts de finale de Roland-Garros contre Nadal, alors largement au-dessus. Mais Novak a commencé sa phase de « Djokerisation ».

« Contre moi, je n’ai pas le souvenir qu’il ait fait du cinéma, croit se souvenir Gicquel. Mais quand il est devenu un peu médiatique, il jouait un peu de cet aspect-là, à cause de ses allergies, comme s’il ne pouvait plus respirer. Il agaçait un peu tout le monde ». Notamment Roger Federer, qui ne se gênait pas pour l’inviter à apprendre les bonnes manières en public. C’est fou ce que les choses ont changé, quand même.