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Tyson Fury: Roi des Gitans, fan d'Aerosmith et favorable au dopage, voici le tombeur de Klitschko

Tyson Fury: Roi des Gitans, fan d'Aerosmith et favorable au dopage, voici le tombeur de Klitschko

BOXELe nouveau roi des lourds est un sacré personnage...
Antoine Maes

A.M. avec AFP

On l’aime déjà d’amour. Tyson Fury, qui vient de battre l’invincible Wladimir Klitschko est un personnage autant qu’un excellent boxeur. A 27 ans, le Britannique est une bête de scène, l’incarnation bien réelle du boxeur manouche déjanté que joue Brad Pitt dans le film « Snatch ». Avant le combat, il avait défié l’Ukrainien d’une phrase exceptionnelle : « T’as combattu un tas de paysans, de Pologne ou d’ailleurs, mais jamais le roi des gitans ! ».



Depuis des mois, Tyson Fury s’employait à faire monter la température autour du glacial Ukrainien. « Tu es vieux, j’ai hâte de te mettre KO. Je suis aussi certain de gagner que d’enfiler correctement mes chaussons le matin. Ca va se passer comme ça : simplement, avec un unique KO », avait assuré le 23 septembre en conférence de presse un Fury grimé en Batman après une bagarre factice avec un complice déguisé en Robin.

Traité de « clown » en retour et invité à « consulter », Fury, faussement furieux, avait alors prétexté vouloir en découdre tout de suite. Force de la nature de 2,06 mètres, le poids lourd britannique, invaincu en 24 combats dont 18 avant la limite, avoue apprécier par-dessus tout les embrouilles et aime se mettre en scène. Après sa victoire, samedi, il a pris le micro pour reprendre « I don’t want to miss a thing », la chanson d’Aerosmith, en hommage à sa femme.

« Je suis un gitan, ça signifie que je ne refuse jamais la bagarre, expliquait-il à The Independent en 2011. Attention, pas avec un gros abruti sur un terrain vague. Des gars bourrés qui te provoquent en balançant les poings, j’aurais adoré en étaler quelques-uns dans nos rassemblements ». « Appartenir à cette communauté, c’est indélébile. Comme un noir ne peut pas faire partir sa couleur. C’est ma vie, c’est ce que je suis et même richissime j’habiterais toujours dans une caravane. Avant, je gesticule mais dès le gong, je redeviens concentré », prévenait-il encore.

Né en banlieue de Manchester, Fury, qui a signé son passage chez les pros en 2008 par un KO au 1er round contre le Hongrois Bela Gyongyosi, représente depuis 2009 l’Irlande, le pays de ses racines. Il ne pouvait prétendre à un autre destin avec un tel lignage. Il est apparenté à Bartley Gorman, le « Roi des Gitans » champion d’Irlande et d’Angleterre des combats clandestins à mains nues dans des tripots entre 1972 et 1992.

Il propose de dépénaliser le dopage

Son oncle Peter a brièvement entraîné Mike Tyson lui-même tandis que son père, qui l’a prénommé en hommage à l’Américain, a été condamné à 11 ans de prison pour un oeil crevé lors d’une rixe d’ivrognes. Crâne rasé et langue bien pendue, Tyson Fury n’hésite pas à s’attaquer régulièrement à d’autres boxeurs britanniques. David Haye ? C’est « une starlette sans aucune classe, une diva ». Quant à David Price, c’est « une merde, un petit con de Liverpool, un abruti fini, une escroquerie ».

Fury, qui a proposé mardi de dépénaliser le dopage, peut aussi faire rire lorsque son caractère tumultueux lui joue des tours. Avant d’affronter l’Américain Deontay Wilder en 2014, il tente ainsi d’enflammer Twitter mais se trompe de destinataire et ses uppercuts verbaux atterrissent sur le compte d’une inconnue totale. Sur la toile, un crochet qu’il s’est porté à lui-même en manquant Lee Swaby en 2009 entretient également sa réputation.



Pas de quoi entamer sa confiance en lui : « Je suis rapide, fort. Je suis un penseur, je m’adapte au style en face. J’ai tout pour moi. Si le Christ est le sauveur, moi je suis le sauveur des lourds ».