Coupe du monde: Et oui, les Japonais aussi ont leur club de rugby à Londres
RUGBY•Les Nippons affrontent l’Ecosse mercredi…Romain Baheux
De notre envoyé spécial à Londres (Angleterre),
« Mais il est encore titulaire Chabal chez vous ? Et Bastareaud, il joue ? » Dans le doute, on attribuera les lacunes sur le rugby français de Taisuke Atsumi aux deux heures de bagnole pour rallier Londres depuis sa résidence du Kent de bon matin. Mardi, il est venu rejoindre ses compères Satoshi Takehana et Kazuaki Kumagai, sollicités comme lui par un sponsor de la Coupe du monde pour un tournage. Leur rôle ? Interpréter l’hymne national dans un taxi. « C’était déjà prévu avant la victoire de la sélection contre l’Afrique du Sud mais bon là, c’est encore plus d’actualité avant de jouer l’Ecosse [mercredi] », sourit Satoshi.
Les trois hommes ne sont pas du tout acteurs, mais juste membres du London Japanese Rugby Football Club. Oui, comme les London Welsh ou les London Irish, mais version archipel nippon et amateur. « A sa fondation en 1979, l’équipe était composée de beaucoup d envoyés au Royaume-Uni par d’importantes compagnies japonaises, décrit Taisuke Atsumi. Maintenant, c’est plus varié. »
L’ensemble ne s’est pas trop paupérisé. Lui travaille dans la finance, Satoshi dans les télécommunications tandis que Kazuaki, le plus jeune membre du trio, est étudiant en école de commerce « J’évoluais déjà dans un club du coin mais je voulais trouver un moyen de croiser d’autres Japonais, décrit ce dernier. Je ne les connaissais pas, je les ai trouvés sur Facebook et voilà… »
Dévalisée par les fans du Japon, la boutique officielle a dû fermer
Les London Japanese servent autant à se défouler à Regent’s Park où l’équipe s’entraîne, qu’à rassembler la diaspora quand elle n’est pas fourrée au Yoisho, le resto de l’un des fondateurs du club, « Tu connais toujours l'ami d'un ami d'un ami qui est passé chez eux, ils ont leur petite renommée dans notre pays », glisse Satoshi. « Après, on s’ouvre aussi aux non-Japonais, souvent ceux qui veulent conserver un lien avec ce pays après y avoir vécu, explique Taisuke Atsumi. Sur le terrain, les décisions importantes se prennent dans notre langue et on parle anglais si besoin. »
La fine équipe/DR
Depuis samedi - « non mais quel match »-, le club s’est trouvé plein de nouveaux amis. Du compte Facebook de l’équipe, assailli par les messages de félicitations, aux textos d’amis divers et variés en passant par les hommages des relations de travail, pas toujours très au fait des pratiques ovalistiques de leurs collègues. « On m’a déjà demandé si je jouais vraiment au rugby avec mes petites jambes, se marre Satoshi Takehana. Mais oui, j’ai commencé à jouer au Japon avant de venir ici. »
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Retenu par le boulot, ce dernier sera obligé de sécher la rencontre contre l’Ecosse, déjà décisive pour la qualification, mercredi à Gloucester. «On espère vraiment que ça va passer, s'enflamme Taisuke. Pour nous, voir cette équipe en quart de finale serait exceptionnel.» Ca méritera bien quelques tournée au Yoisho.


















