Mercato: Pourquoi Anthony Martial pourrait coûter plus cher que Zidane

FOOTBALL L’attaquant monégasque va rejoindre Manchester United pour une somme estimée à 80 millions d’euros, bonus inclus…

J.L.

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Anthony Martial (à gauche) a marqué un des quatre buts de l'ASM face aux Young Boys Berne, le 4 août 2015.
Anthony Martial (à gauche) a marqué un des quatre buts de l'ASM face aux Young Boys Berne, le 4 août 2015. — VALERY HACHE / AFP

Peut-être parce qu’il était tôt le matin et que l’on était encore sobre pour un lundi, on a eu du mal à croire à cette histoire de Martial à United contre la moitié du PIB de l’OCDE. Et puis le communiqué de la FFF est arrivé : « Anthony Martial a été exceptionnellement libéré pour signer à Manchester United » ou quelque chose comme ça. L’Equipe et RMC parlent d’une offre de 60 millions plus 20 millions de bonus, la presse anglaise se fait l’écho d’un package aux alentours de 70 millions d’euros. Bref, dans tous les cas, c’est indécent. 20 Minutes vous explique comment s’est noué le drame.

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Le facteur « Premier League et Yolo total »

On a assez commenté la folie dépensière des Anglais cet été, qui ont déjà dépouillé la Ligue 1 pour près de 130 millions d’euros depuis début juillet. Le cap de la démence sénile a toutefois été franchi à la mi-août avec le transfert de Njie pour une somme à deux chiffres, suivi de peu par l’incroyable échange monté par Newcastle pour obtenir Miss Côte d’Azur, heu pardon Florian Thauvin. Dans ce contexte de débauche madoffienne, il n’était pas impensable d’assister à pareil rebondissement en fin de mercato.

Le facteur « Mendes »

La fièvre acheteuse de l’Angleterre, c’est une chose, mais encore fallait-il trouver un interlocuteur prêt à vendre ses organes et un intermédiaire fiable. Monaco, conseillé par l’inénarrable Jorge Mendes, collait parfaitement au profil. Le Portugais a inspiré la nouvelle politique du mercato monégasque : « Personne n’est invendable, tout le monde a un prix. » Celui d’Anthony Martial ne pouvait qu’exploser, après que l’ASM avait eu la riche idée de prolonger son contrat au mois de juin, jusqu’en 2019.

Le facteur « Panique à bord »

Après s’être pris des rateaux de la moitié de l’Europe cet été, MU n’avait plus que 24 heures pour trouver un attaquant capable de relayer un Rooney vieillissant. Et il n’avait rien tenté pour Martial avant dimanche, alors que le joueur avait marché sur Valence à lui tout seul malgré l’élimination en C1. Pareille opération, au cœur de l’été, se serait probablement conclue autour de la moitié de cette somme, disons 40 millions d’euros. Mais au 31 août, les prix sont doublés pour les acheteurs désespérés, anglais ou pas anglais.

Le facteur « He looks like Thierry Henry, doesn't he ? »

Vous trouvez les Mancuniens vulgaires à étaler leur pognon à la face des miséreux de la Ligue 1 ? Sachez pourtant qu’on peut être riche et romantique. En achetant Martial, MU se paye un joueur à l’immense potentiel, le plus excitant parmi les attaquants de moins de 20 ans en Europe. Mais surtout, MU se paye une idée. Celle d’avoir mis la main sur le successeur de Thierry Henry, avec qui Martial partage tout, des débuts aux Ulis jusqu’à la révélation à Monaco. Et un nouveau Henry, cela n’a pas de prix.

Le facteur « On vaut mieux que City »

Au-delà de moyens financiers infinis, Il ne faut pas sous-estimer la question de la suprématie locale dans l’affaire Martial. United a certes attiré Depay à Old Trafford malgré l’interêt du PSG, mais City a renoué avec ses habitudes de nouveau riche mal élevé en lâchant 150 millions d’euros pour le duo Sterling-De Bruyne, tout juste prometteur. Les Red Devils ont-ils réagi par mimétisme pour prendre la tête du concours ce celui qui pisse le plus loin ? Pas impossible

Le facteur « JMA veut son argent »

Si le départ de Martial pour Monaco arrache encore des larmes de dépit aux supporters lyonnais, il faut reconnaître que Jean-Michel Aulas avait bien négocié son affaire en ajoutant une commission de 20 % sur la plus-value lors du futur transfert de l’attaquant, en plus de 5 % de la somme total de la vente. Sans chipoter sur les chiffres, cela fait environ un cinquième du chèque de Manchester qui va à l’OL. Une clause qui a sûrement poussé Monaco à forcer la note jusqu’au bout.

 

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