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Les Suisses se jettent à l’eau et les Kiwi rêvent de revanche

Les Suisses se jettent à l’eau et les Kiwi rêvent de revanche

COUPE DE L’AMERICA – Samedi, le début du match que le monde de la voile attend depuis quatre ans…
Paul Ackermann avec AFP

Paul Ackermann avec AFP

La Nouvelle-Zélande va devoir veiller tard, les yeux tournés vers l'Europe où elle attendra beaucoup de ses deux disciplines sportives de prédilection. Le rugby, avec la Coupe du monde cet automne en France, et la Coupe de l’America, qui débute samedi à Valence. Dans les deux cas, un parfum de revanche.


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Après quatre ans de préparation et d'attente, d’entraînement sans véritable compétition (ils n’avaient pas besoin de la Coupe Louis-Vuitton pour se retrouver en finale), les marins suisses d'Alinghi remettent leur titre en jeu face à ceux qu'ils avaient humiliés (5 régates à 0) à Auckland en 2003. Le Team New Zealand n'a désormais qu'un objectif: gagner, peu importe la manière. Avec un succès face aux Italiens de Luna Rossa (5-0) en finale de la Coupe Louis Vuitton, la compétition des challengeurs créée en 1983 par le malletier français, Team New Zealand arrive avec un moral au plus haut: son bateau semble parfaitement armé pour le petit temps espagnol (avec des vents de 8-15 nœuds).

Fraîcheur suisse

Les Suisses ont eu eux beaucoup plus de temps pour développer et peaufiner leurs bateaux et observer leurs adversaires. Avantage: ils entrent frais dans la compétition, avec un équipage impatient d'en découdre. Inconvénient: simples observateurs des éliminatoires des challengeurs depuis le début de la Coupe Louis-Vuitton le 20 avril, ils ont eu du mal à rester sous pression. Après de longues journées de régates en interne, où les titulaires se sont mesurés aux remplaçants sur SUI 91 et SUI 100, Alinghi s'est tourné vers d'autres équipes pour pimenter l'opposition.


Alinghi a ainsi régaté contre les Kiwis, avant le début de la finale de la Vuitton, puis le Desafio Espanol et enfin Luna Rossa, après sa finale perdue. Finalement, pour cette grande finale, les marins suisses ont choisi de naviguer sur SUI 100, un bateau encore jamais utilisé en compétition. SUI 100 est le plus récent des quatre Class America (ACC) construits par Alinghi depuis la formation de l'équipe en 2000. C'est aussi le dernier ACC à avoir été construit pour ces régates de la Coupe de l'America. «Nous avons été très satisfaits des performances de SUI 100 depuis sa mise à l’eau le 17 mars 2007. Il représente tout le travail que nous avons accompli depuis 2000, et nous l'avons choisi parce que nous avons confiance en ses performances», a expliqué Grant Simmer, le coordinateur de l'équipe design d'Alinghi.


Deux skippers possibles

Si le choix du bateau a été officialisé, celui du barreur le sera vendredi, seulement à la veille de la première régate. L'Américain Ed Baird et Peter Holmberg, originaire des Iles Vierges Américaines, se disputent la barre, mais Ed Baird semble avoir la faveur des pronostics pour affronter le Néo-Zélandais Dean Barker. «Peter Holmberg et Ed Baird travaillent ensemble et se rencontrent sur l'eau depuis plusieurs années. Nous leur avons demandé pendant tout ce temps quelque chose de très difficile, de se disputer cette place de barreur tout en continuant à travailler ensemble et à se soutenir mutuellement», a ajouté Simmer.


Sang mêlé

Dans ces conditions, la Coupe 2007 — elle se jouera au meilleur des neuf manches — pourrait être plus serrée que lors des trois précédentes éditions toutes gagnées sur le score sans appel de 5 à 0. Les destins des deux syndicats semblent effectivement très étroitement liés. Il faut rappeler que bon nombre de Néo-Zélandais font partie du Team Alinghi (ce qui explique les fortes tensions entre les deux équipes). Il faut également ajouter que TNZ était au bord de la faillite et que, sans le prêt de plusieurs millions de francs (8 à 10) accordé par Ernesto Bertarelli, le milliardaire patron de l’équipe suisse, il n'y aurait pas eu de défi kiwi cette année. «Sans Team New Zealand, cela n'aurait pas été la Coupe de l'America», s'était alors expliqué le patron d'Alinghi.


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