Paris suspects: Ce qui attend Karabatic et les autres au procès

HANDBALL Le procès de l’affaire des paris suspects s’est ouvert lundi à Montpellier…

A.M. avec AFP
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Nikola Karabatic (d) et Géraldine Pillet quittent le tribunal de Montpellier le 10 juin 2013
Nikola Karabatic (d) et Géraldine Pillet quittent le tribunal de Montpellier le 10 juin 2013 — Pascal Guyot AFP

C’était il y a trois ans. Du match suspect à Cesson au tribunal correctionnel de Montpellier, l’affaire des paris suspects trouvera son épilogue dans 15 jours. Une affaire médiatique, forcément, puisque s’y est mêlé le nom de Nikola Karabatic, la star du handball français.

>> Le premier jour de l’audience du procès des paris suspects est à suivre en direct par ici

Ce que la justice leur reproche

L’affaire avait éclaté le 16 mai 2012 avec la plainte de la Française des jeux, quatre jours après le match Cesson-Montpellier. Elle faisait état le 12 mai à midi - heure à laquelle elle avait bloqué les paris - de 104.887 euros de mises dont 102.300 euros sur le fait que Cesson mènerait à la pause. Un montant exorbitant par rapport aux 3.000 euros de moyenne pour une rencontre de handball. L’enquête a permis d’établir que ces paris avaient été pris dans plusieurs villes après un top-départ donné peu avant 10h00, à la cote de 2,9 contre 1, avec des tickets de 100 euros garantissant l’anonymat des gagnants, Cesson ayant bien mené à la pause (15-12). Aux yeux des experts, il y avait certes des « ingrédients » expliquant « un match raté » de la part des Montpelliérains qui avaient perdu (31-28). Mais il y avait aussi une « convergence d’indicateurs anormaux, trop curieuse pour être innocente et conjoncturelle ». Le procureur de la République Patrick Desjardins a évoqué une tricherie « en équipe » avec peut-être pour but premier d’augmenter la cagnotte destinée à un séjour à Ibiza des joueurs. Mais ensuite, le groupe a cédé à la tentation.

Comment va se passer le procès

Le président du tribunal Paul Beaudoin a exigé que tous les prévenus soient présents dès le premier jour, même s’ils sont appelés à la barre plus tard. Dans la salle d’audience, les mis en cause seront assis par ordre alphabétique sur deux rangs. Les joueurs slovènes Primoz Prost (Gottingen/GER) et Dragan Gajic (Montpellier) sont assis à proximité l’un de l’autre car ils ont demandé l’aide d’un interprète. L’ensemble du clan Karabatic, à savoir Nikola, son frère Luka, et leurs compagnes, Géraldine Pillet et Jennifer Priez, sera au deuxième rang, Les frères Karabatic doivent être entendus mercredi. Dès l’ouverture de l’audience, lundi, une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) devrait être déposée par les défenseurs des joueurs et des nullités de procédure soulevées.

Ce que risquent Nikola Karabatic et les autres

Les prévenus qui réfutent le trucage, sont poursuivis pour « escroquerie » ou « complicité d’escroquerie ». Ils encourent cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende. Seuls Gajic et Tej jouent encore dans l’Hérault, et seront licenciés par leur club en cas de condamnation par la justice, assure L’Equipe. Par ailleurs, le club de Montpellier va réclamer un million d’euros de dommages et intérêts. La fédération française de handball a déjà infligé des suspensions de six matchs. Robin, Bojinovic, Prost, Luka Karabatic et Honrubia. Pour les trois autres, la sanction a été annulée en appel. C’est d’ailleurs le principe même de la défense des joueurs : les sanctions n’auraient pas dû aller plus loin. « Ils ont parié. Et alors ? C’est une faute méritant des poursuites disciplinaires, pas pénales ! », explique Me Jean-Robert Phung, l’avocat du clan Karabatic.