Roland-Garros: Malgré la défaite, Aravane Rezai est «redevenue une joueuse de tennis»

TENNIS Après plus d'un an d'absence...

Paul Arrivé

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Aravane Rezai, lors de son dernier match à Roland-Garros, face à Kvitova en 2013
Aravane Rezai, lors de son dernier match à Roland-Garros, face à Kvitova en 2013 — Petr David Josek/AP/SIPA

Un an, trois mois et dix-sept jours qu’Aravane Rezai n’avait plus mis le pied sur un court de tennis en tournoi. C’était à Grenoble, en février 2014. Ce mercredi, pour les qualifications de Roland-Garros, l’ex-numéro 15 mondiale (en 2010) est donc revenue à la compétition. Par une défaite (5-7/3-6), certes, face à sa compatriote Julie Coin (204e mondiale), mais l’essentiel était ailleurs.

« Retrouver le très haut niveau »

« Je reviens de très, très loin, a-t-elle insisté, souriante, à la sortie du court. On ne peut pas s’imaginer. Être là (elle bénéficie d’un classement protégé autour de la 160e place mondiale, ndlr), c’était le plus important pour moi, même si j’aurais aimé gagner. L’objectif maintenant, c’est de retrouver le très haut niveau ». Celui où elle évoluait il y a quelques années maintenant, jusqu’à remporter, en 2010, le tournoi de Madrid (un « WTA Premier », l’équivalent d’un « Masters 1000 »).

« Très, très loin », comme elle le dit, ce sont des années un peu galères, séparées du tennis, ou en tentant sporadiquement d’y revenir (elle n’a joué que 19 matchs entre octobre 2012 et son tour de qualification face à Julie Coin). La faute à quoi ? Des blessures, une saturation mentale et la violente détérioration des relations avec son père, son entraîneur de toujours, en 2011, expliquent en partie la chute qu’a connue Aravane Rezai.

Aujourd’hui, les relations se sont apaisées et les Rezai réconciliés. « Ça s’est fait au fil du temps, explique Anouch Rezai, le frère d’Aravane. On est reparti sur la même structure qu’avant, avec son père (absent à Paris, « trop stressé ») et moi comme coaches, plus Nabil Ghoulam. » Ce dernier a rejoint l’équipe comme préparateur physique en décembre, quand Aravane s’est décidée à tenter le come-back : « Roland-Garros était une première étape, le moment de remettre le pied à l’étrier, affirme le frère de Faouzi, footballeur professionnel à Naples. Elle progresse. On a parcouru beaucoup de chemin en six mois. »

Le tennis est encore là

Et sur le court ? Assurément, Aravane n’a pas perdu grand-chose de son tennis ni de sa qualité de frappe. En coup droit, en revers, elle distribue par phases des parpaings comme à la belle époque. Physiquement un peu juste (« elle avait 20 kilos de trop quand on a commencé à travailler, il lui en reste une dizaine à perdre », explique son préparateur physique), en manque de compétition, elle s’est logiquement inclinée. Mais sans honte, dans un match plutôt serré (1h46). « Je suis content, elle a donné son maximum, assure Anouch Rezai. Au fur et à mesure des matchs qu’elle jouera, ça va aller mieux. » Nabil Ghoulam poursuit : « Maintenant, il y a un bon mois de préparation physique qui l’attend. Il nous faut encore du temps avant qu’elle soit au top. »

« Elle a le niveau tennistique, c’est sur le physique qu’on doit travailler, confirme son frère. Si elle sera à Wimbledon ? A priori non, on va se focaliser sur d’autres tournois pour qu’elle gagne des points et retrouve un vrai classement. » À Roland-Garros, Aravane est « redevenue une joueuse de tennis », dixit Nabil Ghoulam. Et c’est déjà pas si mal.