VIDEO. Un club iranien fête un titre qu'il n'a pas gagné, la soirée vire à l'émeute

FOOTBALL Les dirigeants ont cru bon de donner de fausses informations aux supporters pour ne pas les décevoir…

V.B.

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L'entraîneur portugais du Tractor Sazi, Toni Oliveira, a dû être évacué du stade sous escorte. OMID VAHABZADEH / AFP
L'entraîneur portugais du Tractor Sazi, Toni Oliveira, a dû être évacué du stade sous escorte. OMID VAHABZADEH / AFP — AFP

Comment ça on n’a pas gagné le titre ? De l’hystérie à l’hébétude, les 90.000 supporters iraniens du Tractor Sazi, entassés dans un stade ayant une capacité officielle de 70.000 places, ont connu une grosse descente vendredi. Et c’est peu de le dire… plus dure fut la chute. Explications.

Vendredi, donc : on joue la dernière journée du championnat d’Iran, trois équipes peuvent encore l’emporter. Les deux leaders ex-aequo, le Tractor Sazi (qui détient la meilleure différence de buts) et le Naft Téhéran, s’affrontent, tandis que le troisième, Sepahan, qui compte un point de moins, joue contre une équipe de milieu de tableau, indique le site de L’Equipe.

En menant 3-1 à un quart d’heure de la fin du match, le Tractor Sazi pense alors tenir le bon bout… avant que le Naft Téhéran décide de saper un peu la fête en égalisant en fin de match (3-3). Insuffisant toutefois pour ravir son titre au Tractor Sazi. Sauf que, dans le même temps, Sepahan, vainqueur chez lui (2-0), parvient finalement à supplanter tout le monde et à s’emparer de la tête du classement !

Un revirement qui manifestement ne parvient pas jusqu’au stade Yadegar-e Emam, l’enceinte du Tractor Sazi, où des centaines de supporters déferlent en furie sur la pelouse pour fêter les joueurs et l’entraîneur portugais Toni Oliveira, ancienne gloire de Benfica.

Retrouvez la vidéo intégrale en cliquant ici.

Le mensonge ou l’émeute

« C’est bizarre ce qui est arrivé, a témoigné après coup Mansour Ghanbarzadeh, le directeur général du Naft Téhéran, à l’Agence de presse de la République islamique (IRNA). On suivait le match de Sepahan dans notre vestiaire quand tout à coup, tous les réseaux de télévision et de téléphonie ont été coupés à la 87e minute. On n’avait plus aucun moyen de communication. Et quelqu’un nous a dit que Sepahan avait finalement concédé le match nul (2-2) », alors que le score était de 2-0 cinq minutes plus tôt…

Selon les médias locaux, des responsables auraient décidé de donner de fausses informations aux personnes présentes dans le stade pour éviter que les fans du Tractor ne cassent tout de dépit. A en juger par ces images, seul le coach portugais semblait au courant de la mascarade…

Quand les supporters se sont rendu compte de la situation, la soirée a viré à l’émeute. Des bagarres ont éclaté et des sièges ont été arrachés. Les joueurs ont dû être enfermés dans les vestiaires pour se protéger. L’arbitre, lui, a été agressé.