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Lendl, reviens! ils sont tous devenus fous!
L'EDITORIAL DE GRAND CHELEM•Retrouvez le coup de cœur/coup de geule de notre partenaire...Appoline Celeste, Grand Chelem pour 20 minutes
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C’est une petite remarque sortie il y a un an pile et qui nous avait légèrement surpris sur le moment. En plein milieu de l’interview qu’elle nous avait accordée à son domicile de Genève pour la couverture du numéro 1 de GrandChelem, Amélie Mauresmo nous avait confié qu’elle ne s’occupait jamais vraiment de son matériel, qu’elle laissait tout ça à Jean-Jacques Poupon, l’homme aux doigts d’or qui lui préparait ses raquettes, vérifiait les cordages, assurait toute l’intendance côté outillage. On sentait même que le sujet ennuyait quelque peu la Française.
Le poids de la raquette, sa taille, la possibilité d’en optimiser ses performances avec les nouvelles technologies d’Aerogel développé à la Nasa, les nouvelles fibres, tout ça ne semblait pas lui déclencher de grandes inspirations poétiques. On avait juste compris que tant que la raquette allait, tout allait. Etonnant, nous on en était resté à Ivan Lendl en chantre du professionnalisme, faisant recorder ses raquettes aux Etats-Unis, cadres immédiatement renvoyés en Europe en 24 heures chrono par Concorde, le tout protégés dans des housses en plastique que le bon Ivan gardait toujours au chaud sous son haut de survêtement, même pendant le toss, pour ne pas que la tension du cordage s’abaisse. Le Tchèque quoi…
«Rien perturber de ses habitudes»
Et puis une discussion ce lundi avec le responsable d’un grand équipementier raquette nous fait définitivement s’écrouler le fantasme des joueurs à la pointe de la recherche pour trouver la sésame qui démonte tous les adversaires, l’extension quasi parfaite de leur main : «Ca fait 10 ans que je suis dans le métier et à quelques exceptions près, je n’ai jamais vu un joueur venir s’intéresser à l’innovation de sa raquette. Tant qu’ils en ont trouvé une qui leur plaisait, ils ne la quittent plus, ne veulent absolument aucun changement. Souvenez-vous de Borg qui même en revenant 10 ans plus tard n’avait toujours pas voulu lâcher sa Donnay petit tamis. Ca parait loin mais avec Sampras, il est connu que c’était pire. Son équipementier ne pouvait pas lui proposer un nouveau modèle : il voulait exactement la même raquette, même manche, même poids et jusqu’au même graphisme pour ne rien perturber de ses habitudes ».
Mais on aura atteint cette année le sommet du grand guignol avec Serena Williams découvrant la nouvelle série signée par son équipementier juste avant l’Open d’Australie et demandant qu’on lui prête deux, trois raquettes histoire d’essayer la chose grandeur nature le temps d’un premier tour dont elle n’attendait rien. Deux semaines plus tard, l’Américaine remporte le tournoi et s’extasie sur les performances de sa nouvelle massue.
Après ça quand on vous parle de professionnalisme dans le tennis, baissez la tête, prenez un air sérieux et opinez du chef, ça fera plaisir à votre interlocuteur. Mais pour le reste, sachez qu’en tant que secteur baigné de mondialisation galopante et théoriquement uniformisante, le monde du tennis est un des milieux les plus folklo qui soit.



















