Ligue 1: La LFP durcit encore un peu plus le ton contre les Vines et les Gifs

FOOTBALL La Ligue, qui tente de défendre les droits des diffuseurs de ses championnats, réprime de plus en plus sévèrement l’utilisation d’images qu’elles jugent illégales…

Antoine Maes

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Capture d'écran d'un Vine supprimé sur Twitter.
Capture d'écran d'un Vine supprimé sur Twitter. — 20 Minutes

LFP 1, Saintmtex 0. Le combat entre la Ligue de foot et ce blogueur des Cahiers du Foot postant des Gifs humoristiques peut paraître anodin, mais il dit beaucoup de la tendance actuelle. Mardi, une mise en demeure est arrivée dans les locaux du site «De foot et d’eau fraîche», réclamant la suppression pure et simple de la «Boîte à Gifs». Chaque semaine, cette rubrique reprend des images des matchs de Ligue 1 pour en sortir quelques perles.

Illégal, selon la LFP, qui «fait valoir ses droits de propriété intellectuelle sur les images de la Ligue 1», explique Jérôme Latta, fondateur des Cahiers du Foot. Qui ne s’aventurera pas dans un bras de fer. «On ne voit pas trop l’intérêt de s’engager dans une bataille juridique qu’on aurait en plus toutes les chances de perdre. La question ce n’est pas la légalité de la démarche, c’est sa philosophie. Il faut être capable de prendre de la hauteur, de ne pas avoir une attitude de propriétaire jaloux, et de comprendre qu’à force de commercialiser par tous les moyens, on finit par nuire au produit lui-même».

«Une procédure habituelle qu’on déclenche pour toutes les mises en ligne de vidéos illicites»

Contactée par 20 Minutes, la LFP assure que c’est «une procédure habituelle qu’on déclenche pour toutes les mises en ligne de vidéos illicites. Nous rappelons par ailleurs que les images sont disponibles sur les chaînes Youtube et Dailymotion de la Ligue 1 ainsi que sur lequipe.fr dès le dimanche soir à minuit». «Si vous vous contentez d’informer le public, vous êtes protégé par le droit à l’information, analyse Vanessa Bouchara, avocate spécialisée en propriété intellectuelle. Mais si vous allez au-delà en utilisant ce contenu pour créer du trafic, vous dépassez ce cadre. Vous utilisez des droits à l’image qui sont protégés et que vous ne pouvez pas utiliser librement, et le côté humoristique ne change pas grand-chose».

De fait, le combat bat son plein depuis plusieurs semaines, avec pour point de départ Twitter, accusé de ne rien faire pour fermer les comptes postant des Vines de la Ligue 1. Ceux-ci sont pourtant beaucoup plus compliqués à dénicher depuis une quinzaine de jours. Mais le réseau social, menacé d’une amende de 10 millions d’euros par la LFP et de trois mises en demeure, a juste rappelé à la Ligue qu’il était assez simple de signaler les contenus illicites.

«Un format qui dérange la LFP parce que ce n’est pas commercialisé»

Et pour cause: Twitter propose déjà un service qui permet de faire sponsoriser par une marque un Vine d’une action marquante en plein match. Le format, «Twitter Amplify», existe d’ailleurs déjà en NBA, où les shoots au buzzer sont proposés par le fast-food Taco Bell.

 

«D’un point de vue strictement pratique, c’est un format qui dérange la LFP parce que ce n’est pas commercialisé et c’est ce qu’elle souhaite à court terme», reprend Vanessa Bouchara. Alors évidemment, à ce niveau-là, on est bien au-delà du foot à l’eau fraîche chère aux Cahiers du Foot.