Supporters: Bretons ou poitevins... Mais leur cœur appartient à l'OM

FOOTBALL Ils ne vivent pas sur la Canebière mais soutiennent le club du Stade Vélodrome…

Antoine Maes
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Des supporters de l'OM au stade Vélodrome, le 9 novembre 2014.
Des supporters de l'OM au stade Vélodrome, le 9 novembre 2014. — FRANCK FIFE / AFP

«On sait pas trop comment expliquer ça». Tony n’a ni l’accent de chantant de Marseille, ni d’adresse dans les Bouches du Rhône. Ça ne l’empêche pas de se revendiquer de la qualité de supporter de l’OM, bien au contraire. Comme beaucoup d’autres en France, ce Quimpérois est un fan absolu de l'olympique de Marseille. Mardi soir, il sera d’ailleurs dans le parcage visiteur du Moustoir avec les «natifs», écharpe autour du cou et maillot bien en évidence.

«Lorient n’est qu’à 65 kilomètres de Quimper, on a une bonne demi-heure de route. Pour certains c’est même trop près, ça ne fait pas vraiment déplacement», reprend Tony. A la tête de sa section de supporters bretons de l’OM, il assume «15.000km de déplacement à travers la France par saison». Un total qui souligne une vraie difficulté: supporter un club quand on n’est pas dans la même ville relève de la gageure.

«Le dimanche soir, ça ne nous arrange pas du tout»

Quelques kilomètres plus loin, Pierre est à la tête de la section de Poitiers. Pour Lorient, «on a 3h30 de trajet. Ce n’est pas le plus long, c’est même un des plus proche. Mais on les choisit par rapport à la programmation télé surtout. Le dimanche soir, ça ne nous arrange pas du tout. On rentre le matin on dort deux heures et on repart au travail». Quand on y repart… «On prend souvent des jours de congé. Demain j’en prends une par exemple. Pour l’instant je n’ai pas de soucis avec mon employeur. Bon, je ne dis pas que c’est pour un match de foot à chaque fois».

Quant à déterminer l’origine cet «amour hors-sol», aucun des deux n’a vraiment d’explication, mais «c’est sûr que ce n’est pas normal», reprend Pierre. «Je crois que les gens qui viennent surtout pour l’ambiance. On ne peine pas à trouver du monde. Et c’est tant mieux parce qu’il fallait se regrouper pour que ça coûte moins cher», assure Tony. «Nous, on est entre Nantes et Rennes. Pourquoi on ne les supporte pas? Je ne peux pas vous le dire, mais c’est une bonne question», enchaîne Pierre.

D’ailleurs, les deux hommes ne se sentent même pas à part dans le milieu du supportérisme marseillais. Tony: «On est en tous en tribunes, on partage les mêmes parkings dans toute la France. On est supporters de l’OM avant tout, peu importe d’où». Pierre: «Je n’ai pas beaucoup de contacts avec les supporters marseillais. Mais on n’est pas différent». Sans l’accent, mais ça, c’est un peu plus compliqué à acquérir.