Finale de la Coupe Davis: Pour Arnaud Di Pasquale, le forfait de Tsonga est «une preuve de sincérité»

TENNIS Le directeur technique national pense que le Manceau s'est retiré du double car il ne se sentait pas d'attaque...

Francois Launay

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Jo-Wilfried Tsonga (à droite) chante la Marseillaise le 22 novembre 2014.
Jo-Wilfried Tsonga (à droite) chante la Marseillaise le 22 novembre 2014. — DENIS CHARLET / AFP

Blessé, pas blessé? Difficile de différencier le vrai du faux dans l'histoire du forfait de dernière minute de Jo-Wilfried Tsonga pour le double de la finale de la Coupe Davis. Si une blessure au coude a été évoquée, Arnaud Di Pasquale, DTN du tennis français, pense surtout que Tsonga n'avait pas de bonnes sensations.

L'absence de dernière minute de Tsonga a-t-elle pesé sur le double? 

Son absence était une grosse surprise mais dans le fond, je ne suis pas certain que la paire Gasquet-Benneteau soit moins forte que la paire Gasquet-Tsonga donc ça ne me gêne pas plus que ça. Après, ce forfait est surtout un indicateur sur l'état général de Jo qui ne se sentait pas d'attaque. Je crois qu'il a fait ça en pensant que cette paire serait meilleure que lui et Gasquet. Je n'ai pas d'infos mais je ne vois pas ça autrement. 

N'a-t-il pas perturbé ses coéquipiers en se retirant au dernier moment? 

Je pense que c'est aussi une preuve de sincérité en disant : "attendez, je n'y suis pas ou pas assez. Je n'ai pas très bien joué la veille. Ce samedi matin, les sensations ne sont pas les meilleures. J'ai plutôt besoin de me remettre au cas où pour demain". Benneteau-Gasquet est une jolie paire de double qui est capable d'aller chercher les Suisses. Sauf qu'aujourd'hui, les Suisses étaient très costauds avec notamment un Wawrinka monstrueux. 

Ça va être dur de se remobiliser dimanche? 

Oui. Mais il n'y a pas de blessure. Il y aura un grand match. Ce sera chaud bouillant, en tout cas il faut que ça le soit dès le premier point. Il faut se dire que c'est derrière. Rien n'est fini. On a déjà vu des équipes être menées 2-1 et finalement s'imposer. Alors c''est vrai qu'il y a les numéros 2 et 4 mondiaux en face. Mais il y a de l'espoir. 

Qui doit jouer contre Federer? Tsonga ou Gasquet?

C'est le genre de choses qu'on ne peut pas livrer comme ça. Il faut discuter. Je pense que Tsonga a le plus de chances par rapport à sa dimension physique et parce qu'il en impose plus. On a besoin de ça face à un mec qui a 17 grands chelems. Il faut être armé pour y aller et dire: «je vais te battre mon vieux, tu mènes 2-1 et t'es à un point de remporter le seul trophée que tu n'as pas gagné». Ça ne va pas être facile mais en même temps Jo l'a déjà battu et il est capable de le refaire.

Même si on a le sentiment que ce n'est pas la finale de Jo-Wilfried Tsonga?

C'est sûr mais il peut se passer des choses. Je ne sais pas quel peut être le catalyseur, pourquoi, comment... Je ne suis pas capitaine. Mais il va falloir sonner la révolte et tout lâcher. Maintenant, on est dos au mur. Mais est-ce que ce n'est pas dans ces moments-là qu'on est capable de produire son meilleur niveau? C''est tellement français d'ailleurs.