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NBA: Dirk Nowtizki «ne s’est jamais vu comme un gars qui prenait tous les tirs de son équipe»

NBA: Dirk Nowtizki «ne s’est jamais vu comme un gars qui prenait tous les tirs de son équipe»

BASKETL’Allemand est devenu le meilleur scoreur étranger de l’histoire de la NBA lors de la victoire de Dallas contre Sacramento (106-98)…
Julien Laloye

Propos recueillis par Julien Laloye

Lorsqu’il a débarqué au Texas en 1999, on le surnommait «bambi» et on adorait se moquer de cet Allemand dégingandé qui ratait presque tout ce qu’il entreprenait. Dirk Nowitzki a réussi un sacré chemin depuis: champion NBA avec Dallas en 2011 après une tentative ratée en 2006, «The Blond bomber» est devenu la nuit dernière le meilleur marqueur étranger de la NBA -Parker est 9e- avec 26.953 points en saison régulière, sept de plus qu’Hakeem Olajuwon, né au Nigeria mais naturalisé américain. «Le résultat de beaucoup de travail et d’un peu de chance», résume sobrement l’intéressé. Et d’un poil de talent aussi.

Quel effet cela vous fait d’être passé devant un joueur mythique comme Hakeem Olajuwon?

C’est spécial d’avoir accompli en restant dans le même club toute ma carrière. Je ne savais pas à quoi m’attendre en arrivant ici il y a 17 ans, alors que je sortais de 2e division allemande. Si on m’avait dit que je battrais ce record un jour, j’aurais traité les gens de fous! J’ai trouvé une deuxième maison à Dallas, les fans ont toujours été géniaux avec moi. A vrai dire, je ne me suis jamais posé la question de porter un autre maillot en NBA.

Vous saviez que cela allait arriver contre Sacramento?

Je savais que je n’étais pas loin, évidemment, pas mal de journalistes m’en avaient parlé. Mais sur le terrain on ne pense pas à ça, juste à la prochaine action et au prochain shoot qu’on va prendre. Mais quand j’ai entendu l’ovation du public, j’ai compris… c’était important de battre ce record à la maison, devant les fans qui m’ont vu arriver à Dallas à 19 ans et qui m’ont supporté pendant toutes ces années.



Au moment de marquer le tir qui vous faisait entrer dans l’histoire, qu’est-ce qui vous a traversé l’esprit?

Que j’ai eu une chance inouïe de réussir une telle carrière. Au moment du temps mort après le record, il y a eu une vidéo sur le grand écran de la salle avec mes premiers points le NBA, puis le 5000e, le 10000e… j’étais sans voix. C’est le résultat de beaucoup de travail et d’un peu de chance, puisque j’ai rarement été blessé. Si ça peut encore continuer comme ça pendant deux ou trois ans avant de laisser les jeunes prendre la relève, ce serait parfait.

Réussir en NBA pour un joueur européen était-il aussi compliqué qu’on ne le dit?

La Ligue a beaucoup changé depuis mes débuts. Avant, quand il y avait un joueur étranger dans une équipe NBA, c’était exceptionnel, maintenant il y en a parfois sept ou huit. Plusieurs grands joueurs sont arrivés et les Américains ont pu voir qu’on était aussi bien préparés qu’eux et qu’on s’entraînait aussi dur. Et puis il faut avouer que les règles ont beaucoup évolué en notre faveur. Maintenant, les règles NBA ressemblent à celles qu’on connaît en Europe, c’est plus facile de s’adapter.

Est-ce le plus grand moment de votre carrière?

C’est difficile de situer ce moment dans ma carrière. Avoir réussi à gagner le titre avec Dallas reste un énorme souvenir, comme les JO de Pékin, quand je suis entré dans le stade olympique avec le drapeau de mon pays. C’était un rêve d’enfant. Je ne sais pas si je pourrai en rejouer un jour. On verra à la fin de la saison, si je me sens bien physiquement, j’essaierai de faire l’Euro. Mais à 37 ans, il faut que je fasse attention si je veux durer encore un peu.

Comment voyez-vous vos dernières années de basketteur à Dallas?

Vous savez, avec l’âge, les points et les statistiques sont moins importants que la compétitivité de l’équipe dans laquelle vous jouez. Je ne me suis jamais vu comme un gros scoreur qui prend tous les tirs, plutôt comme un gars qui essaie de rendre le collectif efficace, et ce record ne va pas me faire changer d’avis. Cet été, j’ai choisi de diminuer mon salaire parce que j’ai envie que l’équipe se donne les moyens de compter en playoffs lors des années qui me restent en NBA.