Ligue 1: Yeltsin Tejeda est arrivé à Evian sans préparation physique, «car il ne pouvait pas sortir de chez lui» au Costa Rica

FOOTBALL Le milieu costaricain tente de percer en L1 après une Coupe du monde qui l’a révélé de manière inattendue…

Julien Laloye
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Yeltsin Tejeda, le 19 septembre 2014 à Chaban-Delmas.
Yeltsin Tejeda, le 19 septembre 2014 à Chaban-Delmas. — MEHDI FEDOUACH / AFP

Son nom ne vous dit rien, son prénom peut-être un peu plus. Yeltsin Tejeda a brillé avec la sélection du Costa Rica cet été au Brésil. A tel point que l’ETG a flashé sur son profil de milieu défensif  capable-aussi- de jouer vers l’avant. Soufflé à la Premier League, Tejeda a déjà joué trois matchs (pour un but) avec Evian. Et il assure que le meilleur est à venir. Entretien.

Commençons par lever un possible malentendu: Vous vous appelez vraiment Yeltsine en hommage à l’ancien président russe, comme tous les commentateurs l’ont assuré pendant la Coupe du monde?

C’est vrai, ça vient de là. Ma mère m’a donné ce prénom quand elle l’a entendu parce qu’il lui plaisait. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai de la famille en Russie ou je ne sais quoi encore, comme je l’ai entendu cet été. Ni qu’elle était fan de Boris Eltsine!

Quand on évoque le Mondial, j’imagine que les souvenirs affluent…

Je m’en rappelle tout le temps. A chaque fois que je rentre le terrain, pour tout vous dire. Je crois que n’importe quel joueur de la sélection dira la même chose. L’explosion de joie qui a suivi la victoire aux tirs au but contre la Grèce…c’était extraordinaire. Ce jour-là, je crois qu’on a rendu notre pays très fier, on l’a vu quand on est rentrés.

Les images ont fait le tour du monde. C’était si fou que ça à vivre?

Personne n’imaginait cette réception. Quand on est arrivé à l’aéroport, le président nous attendait pour nous féliciter. On a mis cinq heures pour traverser la rue principale de San José et arriver sur la place de Sabana, alors que le trajet prend 20 minutes d’habitude. Ce jour-là, on a calculé que plus d’un million de Costariciens sont venus nous accueillir, alors que le pays compte 4 millions d’habitants !

Vous êtes restés là-bas tout l’été pour en profiter?

C’est simple, pendant un mois et demi je ne suis presque pas sorti de chez moi (rires). Allez au cinéma, prendre une glace, ou manger au restaurant, il ne fallait même pas y penser. On passait notre temps à signer des autographes ou à être pris en photo. Je serai éternellement reconnaissant aux supporters pour cet accueil, mais pour la famille, c’était invivable. J’étais soulagé de partir!

Justement, comment avez-vous atterri à Evian?

C’est un agent que je ne connaissais pas qui m’a sollicité pour me dire qu’il pouvait  y avoir une opportunité dans ce club. L’an passé, j’aurais pu aller au Belgique, mais je voulais jouer le Mondial et le sélectionneur m’avait dit que si j’étais patient, j’aurais une autre chance. Pour moi, jouer en Europe a toujours été un rêve. Alors quand Evian s’est présenté, j’ai commencé à me renseigner. Je me suis débrouillé pour voir leur premier match de championnat, et je me suis décidé.

Vous n’avez pas été déçu?

Déjà, quand j’ai signé, on n’était pas derniers je crois (rires). Je savais en venant que le club luttait pour le maintien et qu’il avait raté son départ. Mais depuis, on a bien corrigé le tir, il faut qu’on continue sur la même voie. C’est un club très familial, qui m’a immédiatement ouvert ses portes. Tout le monde m’a traité en ami, du manager aux autres joueurs. C’est à moi de mettre du mien pour m’intégrer au plus vite.

Vous connaissez la L1 avant de signer à Evian?

Au Costa Rica, on voyait beaucoup de matchs du championnat de France, que ce soit, Paris, Monaco ou Marseille. Je savais à quoi m’attendre: un championnat exigeant physiquement, où on peut réussir quand on s’investit à fond sur le terrain.

Vous avez joué trois matchs pour un petit but. Etes-vous content de ces premières semaines en Europe?

Il faut encore attendre pour juger. Je suis arrivé sans préparation physique, donc la reprise a été difficile. J’ai dû m’entraîner presque jour et nuit pour être capable de tenir le rythme, qui est largement supérieur à celui du championnat du Costa Rica. Ca ira de mieux en mieux au fur et à mesure.