Football: La contestation vidéo pour les entraîneurs, une fausse bonne idée?

ARBITRAGE La proposition de Blatter divise les coachs habitués des bancs de L1…

Julien Laloye, avec N.C.

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Claude Makélélé lors de PSG-Bastia, le 16 août 2014 au Parc des Princes.
Claude Makélélé lors de PSG-Bastia, le 16 août 2014 au Parc des Princes. — J.E.E./SIPA

Les promesses électorales n’engagent que ceux qui les croient, c’est un fait. Mais comme Sepp Blatter sera le seul candidat à sa propre succession à la tête de la FIFA, et qu’il devrait l’emporter haut la main, on peut jouer les naïfs quand il annonce vouloir introduire pour de bon la vidéo dans le football. Cette innovation prendrait la forme d’un challenge vidéo, quelque part entre le «hawk eye» du tennis et les «mouchoirs rouges» de la NFL, a annoncé Blatter lors d’un congrès de la FIFA à Manchester. Dans le détail, les entraîneurs auront le droit, une ou deux fois par mi-temps, «de faire appel à la vidéo pour remettre en cause une décision de l’arbitre, mais seulement quand le jeu est arrêté.»

«Les entraîneurs ne doivent pas s’occuper de ça»

Pour donner un exemple, une telle mesure aurait permis à Claude Makélélé de demander à l’arbitre de la rencontre Bordeaux-Bastia de revoir avec lui la main de Pallois non signalée sur le moment. Frédéric Antonetti l’aurait fait. «Tout ce qui peut aider les arbitres, je suis pour. Ils ne peuvent pas tout voir, abonde l’ancien coach rennais. Après, il faut bien réglementer. Qui peut le faire, comment?». Elie Baup est sceptique sur ce dernier point. «C’est une source de conflit. Les entraîneurs ne doivent pas s’occuper de l’arbitrage, cela va créer de la suspicion, estime l’ex-entraîneur de l’OM. Si on fait de la vidéo, il faut faire comme un rugby, avec un arbitre qui ne s’occupe que de ça dans sa cabine et qui rend sa décision quand il y a litige».

Le Top 14 fonctionne en effet sur ce principe, mais s’il évite les polémiques d’arbitrage les plus évidentes, le jeu n’en finit plus d’être interrompu par l’arbitrage vidéo. «C’est pour ça qu’il faut limiter le recours à la vidéo, détaille Antonetti. Pour le hors-jeu, quand l’arbitre n’est pas sûr, il laisse l’action se dérouler et qu’on peut éventuellement revenir dessus. Ensuite, le but marqué ou non. Et enfin l’expulsion. Sur les principaux faits de jeu quoi. Ca réglerait 85 % des faits de jeu litigieux.»

«Ca réglerait 85 % des faits de jeu litigieux»

A condition que l’entraîneur concerné par un fait d’arbitrage douteux, n’ait pas «épuisé» son (es) challenge(s) plus tôt dans son match: la proposition de Blatter revient en effet à instituer une sorte de «caoching vidéo», aussi déterminant que de décider d’un changement tactique vital pour revenir au score dans un match mal embarqué. «Ca veut dire que si j’ai utilisé mon joker à la 8e minute et qu’il y a un pénalty à la 25e, je ne peux rien faire, s’interroge Baup? Il y a trop de hasard là-dedans. Soit on fait de la vidéo totalement, soit on a cinq arbitres sur le terrain et ils voient ce qu’ils voient.» La FIFA pourrait bien décider de trancher la poire en deux.