Soupçons de match truqué de Montpellier: Un rapport d’experts conclut à «une convergence d’indicateurs anormaux»

HANDBALL L’histoire continue…

avec AFP

— 

Les frères Karabatic ont quitté Nanterre pour rejoindre Montpellier.
Les frères Karabatic ont quitté Nanterre pour rejoindre Montpellier. —

Deux experts mandatés par le juge d'instruction dans l'affaire de soupçons de match de handball truqué entre Cesson et Montpellier le 12 mai 2012 estiment qu'une «convergence d'indicateurs anormaux est trop curieuse pour être innocente». «Notre intime conviction est qu'une telle convergence d'indicateurs anormaux, une telle différence d'engagement, de vitesse dans le jeu, notamment entre la première et la deuxième mi-temps du match expertisé est trop curieuse pour être innocente et conjoncturelle», écrivent Nordine Lazaar, docteur en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) et ancien arbitre, et Johann Rage, professeur à l'université de Perpignan, en conclusion de leur rapport remis fin août au juge d'instruction, dévoilé jeudi par Midi Libre et dont l'AFP a obtenu copie.

Dans cette affaire, seize personnes, soupçonnées d'avoir parié quelque 88.000 euros sur le score du match à la mi-temps (15-12), sont mises en examen, dont huit joueurs de Montpellier. Six d'entre-eux ont quitté le club, parmi lesquels l'emblématique Nikola Karabatic qui évolue désormais au FC Barcelone (Espagne).

«Une auto-analyse de bistrot»

Dans leur analyse de ce match que le MAHB a perdu (31-28), les experts reconnaissent cependant que «la nature» de la question posée par le juge, à savoir «déterminer l'existence ou l'absence d'une carence collective ou individuelle du MAHB lors de la première mi-temps» ne peut «appeler une réponse de la preuve déductive mais seulement inductive». «On est dans l'auto-analyse de bistrot, dans l'extra-lucidité, c'est un rapport de cartomanciens», a déploré à l'AFP Me Mickaël Corbier, l'un des avocats des frères Karabatic.

Cette expertise a été demandée par le juge d'instruction après l'annulation par la cour d'appel du précédent rapport réalisé par un autre expert, Pierre Sallet.