Ligue 1: Comment certains Girondins sont redevenus de vrais joueurs de foot

FOOTBALL L’arrivée de Willy Sagnol sur le banc de Bordeaux a changé le visage de quelques joueurs bordelais qui restaient sur une saison dernière plus que moyenne…

Marc Nouaux
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Diego Rolan (au c.) face à Sochaux le 6 octobre 2013 au stade Chaban-Delmas.
Diego Rolan (au c.) face à Sochaux le 6 octobre 2013 au stade Chaban-Delmas. — S. Ortola

C’est ce que l’on peut appeler l’incertitude du sport. Moqués l’an dernier, certains joueurs des Girondins de Bordeaux, leaders de la Ligue 1, sont aujourd’hui en haut de l’affiche. A l’image de Lamine Sané, aujourd’hui capitaine après avoir passé un an à bouder, Jaroslav Plasil, prêté à Catane pendant un an, semble avoir retrouvé de l’essence dans le moteur. Et que dire du jeune attaquant Diego Rolan, affûté comme jamais après avoir passé dix-huit premiers mois plus que délicats en France? En ce mois d’août 2014, certains Girondins sont (re) devenus de très bons joueurs.

Lamine Sané, de boudeur à capitaine. Après son départ manqué pour l’Angleterre lors de l’été 2013, il a traîné sa peine en Ligue 1 et en Ligue Europa. Et malgré une saison plus que moyenne, Willy Sagnol, son nouveau coach, a décidé de le promouvoir capitaine. «Pour moi, c’est tout sauf une surprise, a défendu son entraîneur. Je pense que beaucoup de gens sont restés sur la dernière saison, où il a eu parfois des sautes de concentration. Mais moi, je me rappelle du Lamine Sané qui a commencé. C’était un joueur agressif, qui était sérieux et discipliné, et on retrouve ce joueur-là. Je suis extrêmement content et je remercie les dirigeants d’avoir fait ce qu’il fallait pour le prolonger, parce que c’est un joueur de base de l’équipe, c’est le capitaine et c’est lui qui, toute la saison, j’espère, donnera le tempo sur le terrain.» «J’ai toujours dit que ma saison dernière avait été très moyenne, reconnaît Sané. Je ne me trouve pas d’excuse, c’est vrai que l’on n’était pas forcément dans les matchs et cette année, cela va mieux car le coach nous a vraiment fait prendre conscience de nos qualités.»

Plasil revigoré par le départ de Gillot. Prêté la saison passée à Catane, où il a terminé dernier de Série A, Jaroslav Plasil avait perdu le goût pour le football après deux ans de non-communication avec son ancien entraîneur, Francis Gillot. Lors des deux premiers matchs, et surtout à Monaco, le Tchèque a montré toute l’étendue de son talent. «On voit que Jaro Plasil a une qualité technique et une vision du jeu qui aiderait n’importe quelle équipe de Ligue 1», encense même Willy Sagnol. «Le coach et son adjoint y sont pour beaucoup, insiste Sané. Jaro avait perdu le goût du foot et n’était pas trop épanoui, comme certains qui sont partis du club (Obraniak par exemple). Le nouveau staff lui a transmis un discours qui lui a plu et lui a redonné l’envie.»

Rolan, de flop à la Celeste en six mois. Longtemps, on a cru à Bordeaux que Diego Rolan serait une sorte d’Edixon Perea bis. Cet attaquant colombien inconnu qui avait effectué deux saisons plus que médiocres avant de rentrer au pays. Arrivé en janvier 2013 pour remplacer Gouffran, Rolan a commencé par se blesser trois fois en quatre mois à la cheville. La saison suivante a également été difficile pour lui puisqu’il n’a inscrit que deux buts en dix-huit matchs de Ligue 1. «J’ai toujours eu une énorme confiance en lui, vous pouvez lui demander, raconte Sané. Il va en surprendre plus d’un. Je lui ai rabâché d’aller à la muscu, il est plus épais maintenant. Il a aussi eu son temps d’adaptation et des blessures… Il a mûri et passé un cap. Il se procure des occasions, il a très bien démarré. Il s’est fixé un objectif de quatre buts en Ligue 1 cette année, moi je crois qu’il peut en marquer au moins six ou sept.» Ses deux premiers buts contre Monaco ont au moins attiré l’œil de son sélectionneur. Pour le premier rassemblement post-Coupe du monde, le jeune Uruguayen de 21 ans a été convoqué dans un groupe de vingt-trois, aux côtés, entre autres, d’Edinson Cavani. Une vraie métamorphose.