Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Ligue 1 : Pourquoi les matchs amicaux ne veulent pas dire grand chose

Ligue 1 : Pourquoi les matchs amicaux ne veulent pas dire grand chose

FOOTBALLDes matchs de préparation réussis n'augurent pas forcément un bon démarrage en championnat...
François Launay, Camille Belsoeur et Marc Nouaux

François Launay, Camille Belsoeur et Marc Nouaux

Les matchs amicaux, c’est un peu comme un flirt de l’été. Ça peut bien démarrer, nourrir de belles promesses d’avenir avant de retomber aussi vite qu'un soufflé. Exemple avec l’Olympique de Marseille. Invaincu en préparation avec quatre victoires et un nul, l’OM version Marcelo Bielsa, son nouveau coach, promettait beaucoup avant le début du championnat. Mais après deux journées de Ligue 1 et un seul point au compteur, on ne voit toujours rien venir.

Rien de plus logique pour Marc Libbra. «Pour avoir été joueur, il n’y a jamais de vérité dans les résultats qu’une équipe peut obtenir lors des matchs amicaux l’été. Parfois vous perdez tout en préparation, avant de réussir votre début de saison. Et parfois c’est l’inverse, comme l’OM cette saison. Certaines équipes qui ratent leur préparation montent ensuite en puissance physiquement ou récupèrent des joueurs. Et puis les joueurs donnent tout en championnat, alors que tout le monde n’est pas à 100% dans la tête pour un match amical», explique l’ancien joueur de Marseille, aujourd’hui consultant sur l’Equipe 21.

Jean-Pierre Papin: «Cela n’a rien à voir en termes d’intensité et de pression»

Même son de cloche du côté de Jean-Pierre Papin. L’ancien coach de Strasbourg, Lens et Châteauroux a pris en main cet été le club d’Arcachon (CFA2). Avec cinq victoires et une défaite en six matchs, son équipe réalise une bonne préparation. Pourtant, l’ancien Ballon d'Or ne s’enflamme pas avant de démarrer le championnat.

«Cela n’a rien à voir en termes d’intensité et de pression liée au stress de la compétition. Le plus important, c’est simplement que tout le monde se mette en jambes. On fait les matchs pour mettre en place une organisation tactique et si cela ne marche pas, on peut toujours changer. Cette saison, par exemple, je voulais faire un 3-5-2 mais je me suis rendu compte que je n’avais pas les joueurs pour le faire. Les matchs amicaux servent à rectifier le tir. Maintenant, je sais ce que mes joueurs ne peuvent pas faire», explique JPP.

Jouer des équipes au même niveau de préparation

Parfaits pour tester différentes tactiques, les matchs de préparation servent aussi à monter en puissance. A condition de bien choisir les adversaires comme l'explique Fredéric Antonetti. «Si on rencontre des équipes étrangères qui reprennent leur championnat trois semaines plus tard, ce n'est pas très significatif car elles ne seront pas au même niveau de préparation. Il vaut mieux choisir des équipes de son championnat ou alors des formations étrangères qui reprennent la saison en même temps. Et puis ça dépend de quels matchs amicaux on parle. Pour moi, sur six ou sept rencontres de préparation, seules les deux dernières sont significatives. Les deux-trois premiers matchs servent surtout à se remettre dans le rythme, les deux suivants servent à affiner les choses et les deux derniers sont des matchs de pré-compétition qui servent à mettre l'équipe en place», détaille l'ancien entraîneur de Rennes.

Une préparation ratée peut aussi conduire au titre

Et si parfois une préparation peut être cauchemardesque, rien n'indique qu'elle conduit à une saison ratée. «Je me souviens d’une année où Bordeaux perd tous ses matchs amicaux et à l’arrivée, ils sont champions de France. Pourquoi est-ce qu’il peut y avoir autant d’écart? Parce que cela n’a rien à voir», conclut Jean-Pierre Papin.