Nicolas Batum, un leader à canaliser

BASKET Il est l'un des cadres des Bleus pendant le Mondial...

Romain Baheux

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Nicolas Batum lors du match contre la Lituanie le 22 septembre 2013.
Nicolas Batum lors du match contre la Lituanie le 22 septembre 2013. — SPORTIDA/SIPA

C’est écrit. Un jour, quand Tony Parker décidera d’aller voir ce que la vie réserve loin des parquets, ce sera lui le boss, le leader des Bleus, l’homme au centre de la vie de l’équipe. Cette vie-là, Nicolas Batum s’y prépare et va l’appréhender au championnat du monde (30 août-14 septembre). Break estival du meneur de San Antonio oblige, l’ailier de Portland avance en première ligne en Espagne. Certes, il n’est ni capitaine, rôle dévolu à Boris Diaw, ni le plus ancien de l’effectif tricolore, mais son statut de titulaire en NBA lui impose une cadence statistique à tenir en l’absence de Parker.

Soyons précis, il a déjà voulu marquer une compétition. Petit retour en arrière. Il y a un an, Batum clame sa volonté d’être «le meilleur ailier de l’Euro» et s’inflige une pression inutile. Le joueur fait le coup de la panne au premier tour de la compétition avant de se reprendre et de terminer meilleur marqueur de la finale remportée contre la Lituanie. «La communication n’avait pas été très bonne, souligne son agent Bouna N’Diaye. Il a fait dans la foulée sa meilleure saison avec Portland et il a grandi. Cette fois, il aborde la compétition avec une envie collective, pas personnelle.»

Vincent Collet: «Il ne doit pas faire autre chose que du Batum»

A écouter Batum, la leçon semble avoir été comprise. «Je ne me dis pas que je dois mettre autant de points ou tenter autant de tirs parce que Tony n’est pas là, explique l’intéressé. L’équipe a besoin que je réponde présent pour aller loin mais je ne vais pas me prendre la tête.» Depuis le banc, son sélectionneur Vincent Collet, qui a commencé à pratiquer l’ailier il y a dix ans au Mans, veille. «J’attends de lui qu’il soit le meilleur possible mais qu’il reste lui-même malgré les attentes. Le danger, c’est qu’il veuille faire autre chose que du Batum.»

Faire du Batum? En gros, mettre sa bonne quinzaine de points par match et aider les autres à briller dans une équipe qui ne jure que par «le collectif» en l’absence de son joueur star. Et tant pis s’il n’empile pas les points dans tous les sens à chaque match. «Il fait tellement de choses à côté qu’il ne faut pas juste se focaliser sur ses paniers, souligne Bouna N’Diaye. Il a un impact important sur le jeu de l’équipe avec des statistiques assez complètes. Il permet aux autres d'être meilleur.» Un leader en somme.