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Jugé pour corruption, le patron de la F1 Bernie Ecclestone met fin à son procès en échange de 100 millions de dollars

Jugé pour corruption, le patron de la F1 Bernie Ecclestone met fin à son procès en échange de 100 millions de dollars

FORMULE 1Une somme record pour clore une procédure en Allemagne...
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Le tribunal de Munich (sud de l'Allemagne) a annoncé mardi qu'il mettait fin au procès pour corruption du patron de la F1 Bernie Ecclestone en échange du paiement de 100 millions de dollars par le prévenu.

«La procédure est arrêtée, en accord avec le parquet et le prévenu, conformément à l'article 153a» du code de procédure pénale qui régit ce type de négociations, a déclaré Peter Noll, le président du tribunal.

Bernie Ecclestone, 83 ans, était jugé depuis le 24 avril à Munich pour avoir versé 44 millions de dollars (31,8 millions d'euros) de pots-de-vins présumés, en 2006 et 2007, au banquier allemand Gerhard Gribkowsky, qui travaillait pour la banque publique bavaroise Bayern LB, en vue de conclure la vente des droits de la F1 au fonds d'investissement CVC Capital Partners.

«Une condamnation n'était pas probable», selon ses avocats et le tribunal

M. Ecclestone dispose d'une semaine pour verser les 100 millions de dollars (74 millions d'euros) dont 99 millions iront dans les caisses de l'Etat régional de Bavière, tandis que le million restant sera destiné à une fondation d'aide à l'enfance.

Il s'agit d'une somme record en Allemagne pour clore une procédure, selon une porte-parole du tribunal, Andrea Titz.

Avec cet accord, le casier judiciaire d'Ecclestone demeure vierge, ce qui lui permet de continuer à diriger la Formule 1.

«L'arrêt de cette procédure signifie qu'un examen sans préjugés, objectif et indépendant des débats après plus de cent heures d'instruction à l'audience (...) faisait apparaître qu'une condamnation de M. Ecclestone n'était pas probable», a expliqué la défense de M. Ecclestone, dans un communiqué. Les trois avocats du milliardaire ont contesté les termes de «marchandage», d'«arrangement» ou de «liberté achetée» pour qualifier cette fin de procédure.

De retour dans le monde de la F1

«Une condamnation du prévenu pour corruption, dans l'état actuel des débats, n'était pas probable», a aussi estimé le tribunal, dans un communiqué. «En dépit du fait qu'il puisse demeurer des soupçons contre le prévenu, la chambre a pris en compte dans sa décision son âgé avancé, son état de santé, les contraintes considérables que représentait la participation aux audiences dans un pays étranger, avec les problèmes de langue qui y sont liés, ainsi que l'attention publique» entourant le procès, a par ailleurs souligné la juridiction.

Paradoxalement, la défense a monnayé un abandon des poursuites alors que Bernie Ecclestone n'a cessé de nier les charges retenues contre lui. Apparu fringant à l'ouverture du procès en avril, le milliardaire n'a manqué aucun jour d'audience, laissant cependant à ses avocats le soin de s'exprimer.

Bernie Ecclestone ne contestait pas avoir payé 44 millions de dollars à M. Gribkowsky, mais il présentait cela comme le «prix du silence» pour que ce dernier ne fasse pas de révélations gênantes sur son patrimoine au fisc britannique. Entendu mi-mai, le banquier allemand a maintenu ses accusations de corruption.

L'homme d'affaires britannique, un fils d'ouvrier dont la fortune est évaluée à autour de quatre milliards d'euros, va pouvoir poursuivre son règne sur le monde de la F1 entamé il y a quarante ans, et qui lui a valu un soutien appuyé du monde du sport automobile.