Tour de France 2014: Marion Rousse est la «première surprise» de sa soudaine notoriété

INTERVIEW La fiancée de Tony Gallopin crève l'écran depuis le début du Tour...

Propos recueillis par Nicolas Camus

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Tony Gallopin et Marion Rousse, au départ de la 10e étape du Tour de France, le 14 juillet 2014.
Tony Gallopin et Marion Rousse, au départ de la 10e étape du Tour de France, le 14 juillet 2014. — ERIC FEFERBERG / AFP

Elle s’est retrouvée en pleine lumière à l’arrivée de la 9e étape, le 13 juillet. Quand son fiancé Tony Gallopin arrive à Mulhouse et prend la tête du classement général, Marion Rousse se jette sur lui et l’embrasse. La scène passe en direct à la télévision, et la jeune femme de 22 ans, ambassadrice du Prix Antargaz de la combativité, devient rapidement la coqueluche de ce Tour de France. Consultante pour Eurosport et elle-même cycliste professionnelle -elle a été championne de France sur route en 2012-, elle raconte ces deux dernières semaines «exceptionnelles» pour le couple.

Parlons d’abord des résultats de Tony. Ce Tour de France doit dépasser toutes vos espérances?

Complètement. Le Tour est un événement tellement exceptionnel qu’avant le départ, c’est difficile d’imaginer porter le maillot jaune ne serait-ce qu’une journée et revenir avec une victoire d’étape en plus. Et puis j’ai eu la chance d’être présente sur la course le soir où il a pris le maillot. C’était un beau hasard. Toutes les conditions étaient réunies pour que ce soit un moment qu’on n’oublie jamais.

Quel est votre rôle auprès de lui?

Dans la vie de tous les jours, j’ai besoin de lui et il a besoin de moi, comme dans tout couple. Mais c’est spécial parce qu’on est tous les deux sportifs de haut niveau, et une carrière est faite de hauts mais surtout de bas. Dans ces moments-là, on a la chance de se comprendre, d’être soudés. C’est important. Là, sur le Tour, je l’ai très souvent au téléphone pour avoir ses impressions, savoir comment il va. On est vraiment complices.

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Comment vit-il sa notoriété nouvelle?

C’est spécial pour lui car c’est quelqu’un de très réservé, qui ne recherche pas du tout la médiatisation. Avec un maillot jaune et une victoire d’étape, c’est râpé (rires). Mais c’est mérité. Il était un peu dans l’anonymat mais c’est un garçon très sérieux, qui a fait de bons résultats. En tout cas il le vit plutôt bien. Et je trouve qu’il se débrouille très bien.

Et vous? Depuis ce fameux 13 juillet, on parle beaucoup de vous…

C’est complètement inattendu! Je suis la première surprise. Quand Tony prend le maillot, je fais totalement abstraction de toutes les caméras qui sont là, j’étais très heureuse et je voulais juste vivre ce moment avec lui. Ça a été des actes très spontanés et apparemment ça a beaucoup plu aux gens, parce que j’en ai des retombées phénoménales. Je pense que les gens aiment les belles histoires et la nôtre en est une.

Vous comptez en profiter pour devenir une sorte d’ambassadrice pour le cyclisme féminin?

J’essaye en tout cas. De profiter du fait qu’on parle des résultats de Tony pour que moi, de mon côté, je puisse parler du cyclisme féminin. Je veux apporter une bonne image, en parler le mieux possible. C’est le but. En France, on en est resté à l’image de Jeannie Longo. J’aimerais que les gens découvrent d’autres visages.

Vous allez participer à «La Course by Le Tour»*?

Je suis en train de voir ça. Mon emploi du temps est très chargé sur ce Tour. Quand j’ai accepté d’être ambassadrice pour Antagarz, cet événement n’était pas au programme donc je ne me suis pas préparée. J’ai quand même mis le vélo dans le coffre et j’essaye d’aller rouler dès que je peux, mais je n’ai pas envie d’y aller à 60% de mes capacités. Si je m’aligne au départ c’est pour y tenir un rôle, pas en tant que suiveuse. Sinon, Eurosport me propose de la commenter, ça pourrait être intéressant pour mettre en valeur le cyclisme féminin. Il faut voir de quelle manière je peux être la plus utile, à l’intérieur ou à l’extérieur de la course. C’est l’occasion pour le cyclisme féminin d’avoir une médiatisation inédite. C’est une sacrée marche de franchie.

Personnellement, où en êtes-vous dans votre carrière?

Mon titre de championne de France [en 2012] m’a ouvert des portes à l’étranger, et je cours depuis deux ans maintenant chez Lotto-Belisol. Je m’y sens très bien. Cette année c’est plus compliqué car je fais pas mal de choses à côté, notamment pour Eurosport. Ça me prend du temps sur mon entraînement. En début d’année j’ai voulu m’entraîner autant que la saison dernière, mais je me suis rendu compte que je manquais de fraîcheur.

C’est un vrai choix de votre part de mettre un peu de côté votre carrière pour vous consacrer à vos activités médiatiques?

Oui. Ça m’est un peu tombé dessus aussi. Mon titre de championne de France m’a exposée, on est venu me chercher. Je me suis dit que ça pourrait faire du bien à mon sport, alors j’ai accepté. C’est un challenge dans lequel je me donne à 100%. Le travail dans les médias me plaît beaucoup. Je me suis vite senti à l’aise. Le cyclisme, c’est toute ma vie, j’ai commencé à l’âge de 6 ans. Quand je pars le matin pour aller en plateau parler du Tour de France, je n’ai pas du tout l’impression d’aller au travail. Arriver à vivre de sa passion, c’est quelque chose d’énorme.


*La Course by Le Tour de France est une épreuve qui réunira, quelques heures avant l’ultime étape du Tour de France, dimanche 27 juillet, l’élite du cyclisme féminin sur le circuit final de la Grande Boucle dans le centre de Paris.