Mondial 2014: L’équipe de France est à nouveau «bankable»
FOOTBALL•Les sponsors et les diffuseurs sont satisfaits de l’image que les Bleus renvoient…B.V. à Ribeirao Preto (avec N.C.)
De notre envoyé spécial au Brésil
«Vu d’ici, sans les chaînes françaises, on a du mal à se rendre compte de l’engouement au pays.» Qu’Antoine Griezmann se rassure, les Français se passionnent pour leurs Bleus. Dimanche, ils étaient plus de 16 millions à regarder le match sur TF1, un chiffre que l’on n’avait pas vu depuis… la finale de la Coupe du monde 2006, une époque où les Bleus de Zidane inspiraient confiance et passion. Huit ans après, les Bleus commencent à sortir d’un gouffre de popularité dans lequel Knysna les avait plongés. Et redeviennent, du coup, «bankables».
Record de paris en ligne
«On peut dire qu’ils le sont, oui, confirme Jennifer Madiot, responsable promotion et sponsor chez PMU, l’un des partenaires de l’équipe de France. On ne vous cache pas que l’on préfère ça: c’est bien pour eux, c’est bien pour le business et c’est bien pour l’image.» Le produit équipe de France fonctionne: les maillots se vendent, quelques publicités sont tournées, et les gens «parient et misent sur la France», confirme Jennifer Madiot, précisant que France-Honduras avait enregistré le quatrième total d’enjeux enregistrés sur PMU. fr depuis l’ouverture des paris en ligne, en 2010.
«Le virage s’est opéré lors du barrage contre l’Ukraine, analyse Vincent Chaudel, expert sport au sein du cabinet Kurt Salmon. L’équipe renvoyait une image de défiance et de manque d’implication dans l’esprit collectif, liée à cette jeunesse dorée, argentée, en mal de valeur. Ce match-là, c’est la première fois que l’équipe a donné envie de la soutenir.» Et qu’ils ont montré un visage plus humain, plus ouvert. «Cette équipe dégage un état d’esprit, se félicite Jennifer Madiot. Quand Karim Benzema dit qu’il est fier de porter, ce n’est pas ce qu’on pouvait entendre. Didier Deschamps y est sans doute pour quelque chose, il n’y a plus ce flottement que l’on pouvait avoir par le passé. C’est rassurant pour un sponsor.»
Plus de bonus-malus
C’est d’ailleurs parce qu’ils ne craignent plus de nouveau crash d’image que les partenaires des Bleus qui avaient recours au système de bonus-malus l’ont abandonné. La moitié d’entre eux avait en effet lié leur participation financière à la cote de popularité de l’équipe, ça ne devrait plus être le cas. «Aujourd’hui, les deux parties n’y ont plus d’intérêt, confirme Vincent Chaudel. Les sponsors ont fait le constat que l’image était redressée. Il faut encore la consolider, mais il y a des éléments qui les rassurent.» Ce qui pourrait permettre à la Fédération de négocier à la hausse ses prochains contrats. «Tous les signaux sont au vert et il y a en plus la perspective de l’Euro 2016, poursuit-il. On est certain de le jouer, avec une équipe d’avenir en place. Ce n’est pas le moment de quitter ce bateau.»


















