Mondial 2014: Le médecin des Bleus explique les pièges à éviter avant un Mondial
FOOTBALL•Docteur des Bleus depuis deux ans, Franck Le Gall raconte comment il a préparé la compétition...François Launay
Pour lui aussi, ce sera une grande première. Médecin des Bleus depuis juillet 2012, Franck Le Gall va vivre sa première coupe du Monde au Brésil. A la tête d’un staff médical de cinq personnes (un docteur, un ostéopathe et trois kinés), celui qui est aussi le médecin du Losc explique ce qui est important avant de disputer une grande compétition.
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La nourriture: «Au niveau de la diététique, il faut partir avec son cuistot. On part avec le cuisinier qui travaille avec l’équipe de France depuis quatre ans et son adjoint. Ils ont fait les menus et j’ai validé. Le Brésil est un pays sympa au niveau de la nourriture vu la qualité des produits. Ce n’est pas un voyage très exotique de ce point de vue-là. Il n’y aura pas de grande difficulté à avoir de bons produits. Pour les repas, ça va rester assez classique comme dans une saison de footballeur. Il n’y a pas de recommandation particulière pour une phase finale de coupe du monde. On va insister sur l’hydratation, les protéines. Bref, on va tenir le même discours qu’en club»
La vaccination: «Vu qu’on reste dans les villes et qu’on ne va pas en Amazonie, il n’y a pas de consigne particulière de vaccination. Il n’y a pas de risque particulier pour la fièvre jaune et le paludisme. Mais on sera vigilant et on écoutera ce qu’on nous dit. On joue dans des ports comme Porto Alegre, Rio et Salvador. Il n’y a rien d’exceptionnel»
Le matériel sur place: «Un container est parti il y a une semaine avec notre matériel (médicaments, matériel de kiné (bandes, crèmes..)…). On emmène que ce qui est compliqué de trouver là-bas. A l’hôtel, on aménage pour nous salle de soins. Il y aura aussi un chapiteau sous lequel sera mis en place un espace de musculation. Au cas où il y a aussi un cabinet de radiologie situé à dix minutes de l’hôtel.»
L’imprévu: «Une fois, avec l’équipe junior de l’équipe de France, on était en stage à Val d’Isère avant un championnat d’Europe. Le dernier jour du stage, on était allé manger dans un restaurant et le lendemain, les deux tiers de l’équipe avait une intoxication alimentaire. A l’époque, je devais avoir sur moi deux boîtes d’imodium et c’est là que je me suis rendu compte qu’il fallait avoir sur soi un gros stock de médicaments. C’est ce genre de chose qu’on redoute.»
La blessure: «On est là pour prévenir le risque. On peut aussi être incapables de l’anticiper à cause par exemple d’un contact pendant un match. Dans ces cas l, on est fatalistes. Mais c’est ce risque-là que j’appréhende le plus.»
Le rapport joueur/docteur: «Les joueurs ne sont pas compliqués. Il faut aller vers eux, discuter. On n’est pas leurs amis mais on a une relation professionnelle il n’y a pas de souci avec les joueurs.»
L’erreur de diagnostic: «Ça ne m’inquiète pas. C’est très facile de faire un diagnostic aujourd’hui. Il y a tellement d’examens complémentaires faciles à faire qui peuvent redresser ou ajuster un diagnostic comme les IRM, les scanners… Finalement, le plus difficile n’est pas le diagnostic mais plutôt savoir quelle est la bonne attitude à adopter comme sur des trucs un peu plus compliqués où il faut faire appel à un chirurgien.»


















