Mondial 2014: Pour Mickaël Landreau, «la France est une grande nation, quoi qu'il arrive»

FOOT Le troisième gardien de l'équipe de France évoque l'équilibre du groupe, ses ambitions et son évolution à quelques jours du début de la Coupe du monde...

Propos recueillis par Bertrand Volpilhac

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Mickaël Landreau (à gauche) accompagné de Stéphane Ruffier et Hugo lloris, les trois gardiens de l'équipe de France, à Clairefontaine, le 23 mai 2014
Mickaël Landreau (à gauche) accompagné de Stéphane Ruffier et Hugo lloris, les trois gardiens de l'équipe de France, à Clairefontaine, le 23 mai 2014 — Christophe Ena/AP/SIPA

Pour la deuxième fois, après 2006, Mickäel Landreau va tenir le rôle de troisième gardien à une Coupe du monde. A mi-chemin entre sparring-partner de luxe et garant de l’unité de groupe, le recordman de match en Ligue 1, qui prendra sa retraite après le Brésil, nous parle des Bleus, de l’unité de groupe et de ses ambitions. Avec, quelque part dans la tête, l’idée de réussir «un coup».

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Pendant une grande compétition, comment un groupe trouve-t-il son équilibre? Est-ce votre rôle d’y contribuer?
Ce n’est pas le rôle de troisième gardien, c’est ce que je suis et ce que le groupe est. Ce qu’il faut, c’est trouver sa place et bien vivre, apporter au maximum en fonction de sa sensibilité. Je suis là pour me mettre au service, pour faire en sorte que tout le monde vive bien ensemble. Trouver un équilibre n’est pas simple: entre les titulaires -et leur ego nécessaire pour faire la différence- et d’autres qui vont justement le mettre de côté pour les aider.

Et vous sentez que cet équilibre existe aujourd’hui en équipe de France?

On aurait perdu 3-0 contre la Norvège [cet entretien a été réalisé avant le match face au Paraguay, dimanche soir], vous ne demanderiez pas ça. On est contents de ce qu’il se passe tous les jours, c’est sain et positif. Il faut le dire, c’est important. Mais on sait très bien que le plus important reste la compétition, on sera jugés sur ça, tout le monde nous attendra sur ça.

Ça veut dire que le groupe reste fragile?

Non, l’intérieur n’est pas fragile. Mais on peut mettre une bonne énergie, avoir de la bonne volonté… Un match de foot reste un match de foot et par moments une équipe est friable.

Tout a basculé lors du barrage retour face à l’Ukraine?

Je ne crois pas, c’est ce que vous avez bien voulu voir. Mais il y avait des étapes, des évolutions. J’ai une image en tête, celle de l’égalisation face à l’Espagne à la dernière minute, ce n’était pas inintéressant. Toute la phase de qualification, d’ailleurs. On a dû perdre qu’un match, contre l’Espagne, et c’était serré. On a fait trembler l’Espagne, ce n’était pas rien. Ce qui a perturbé un petit peu, c’est la tournée. Dans des conditions difficiles, en fin de saison, sans réels objectifs, avec des blessés et des joueurs ou repos… Et puis il y a eu cette fin. On sait qu’un barrage n’est pas simple. Mais c’est parce qu’il y a eu des bons choix, une bonne direction que le barrage retour a été possible. Ce n’est pas un hasard si les choses s’inversent à un moment. Ça montre une certaine force.

Jusqu’où peuvent aller les Bleus au Brésil?

Vu la qualité en face, arriver en huitième de finale, ce sera déjà très difficile, en quart encore plus. Vivons les étapes les unes après les autres et on verra où ça nous amène. Notre chance, c’est qu’on est une équipe avec laquelle les adversaires n’aiment pas jouer.

Pourquoi?

Parce qu’on est une grande nation, quoi qu’il arrive. On a des joueurs dans les plus grands clubs, on a de l’expérience, on a des jeunes joueurs, on est dans un nouveau cycle et on a cette faculté de pouvoir être à la hauteur de n’importe quelle équipe. Avec une équipe jeune, sur le long terme on ne sait pas si ça peut durer. Mais sur un coup… On est un pays comme ça. Je pense au rugby, capable de battre les Blacks et de perdre en demi-finale derrière. On est capables de ça.

Finir votre carrière sur une Coupe du monde, c’est un joli dénouement…

Je n’ai pas le choix de toute façon (rires). Je suis content, heureux de tout ce qu’il se passe, de cette fin de carrière. J’ai envie de vivre pleinement cette Coupe du monde, c’est un super signe du destin. Ça récompense une formidable carrière, avec un investissement impressionnant. Quand on est à ce niveau-là aussi longtemps, c’est qu’on y a consacré beaucoup d’énergie.