Roland-Garros 2014: Le salon de coiffure du tournoi, là où les joueurs «coupent avec le tennis»

TENNIS Pour une petite coupe, c’est lui qu’il faut voir…

Romain Baheux

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Antoine, l'un des coiffeurs de Roland-Garros.
Antoine, l'un des coiffeurs de Roland-Garros. — 20 Minutes/DR

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

La prochaine à prendre place dans ce fauteuil se nomme Martina Hingis. Pour l’instant, Antoine s’y est installé confortablement et en profite pour souffler entre deux coupes. Pendant Roland-Garros, il l'un deux coiffeurs à opèrer dans ce salon provisoire, implanté sous le court Suzanne-Lenglen, dans un coin de l'une des cafétérias.

«On s’occupe d’une quinzaine de personnes par jour chacun. En plus, certains joueurs déboulent après leur match en nous demandant de nous occuper d’eux rapidement parce qu’ils ont un avion dans l’après-midi, explique Antoine, habitué à s’occuper du crâne de Yann Barthès au «Petit Journal» de Canal +. Ça fait pas mal de boulot.»

«Ils demandent du classique, ils font attention à leur image»

Mais qui va chez le coiffeur de Roland-Garros? En principe, l’endroit est réservé aux joueurs et à leurs entraîneurs mais des proches sont tolérés. Entre ses mains, Antoine a vu défiler Alizé Cornet, Kristina Mladenovic et Benoît Paire. Ici, pas d’iroquois, de mèche violette ou autres demandes excentriques. On fait dans l’efficace, le bien dégagé devant les yeux pour voir le court.

«Ils sont un peu frileux dans leur choix. On sent qu’ils font attention à leur image. Selon les nationalités, on a des variantes. Les Latins viennent avec des photos de joueurs de football, comme Cristiano Ronaldo, et me demandent de leur faire la même, bien rasé sur le côté et avec la mèche au-dessus. Les filles de l’Est insistent pour garder leurs longs cheveux blonds.»

La superstition s’invite chez le coiffeur

Chacun ses envies mais une même règle: ne pas demander un ressenti sur la terre battue ou un pronostic pour la saison sur gazon. Quand ils se font chouchouter la crinière, les joueurs n’aiment pas parler tennis. «Ils viennent pour se détendre et couper un peu. Parfois, leur entraîneur arrive pendant la coupe pour évoquer le match et ça les agace.»

Autre mot d’ordre, ne pas chercher à comprendre toutes leurs lubies car la superstition des joueurs n’épargne pas leurs cheveux. «Une fois, l’un d’eux a eu son match arrêté par la nuit et n’était pas content de sa prestation, raconte Antoine. Il m’a demandé de lui faire une autre coupe pour le lendemain. D’autres souhaitent qu’on les rase après une défaite. Par contre, ils ne veulent pas changer de coiffure après une victoire.» Et tant pis si ça doit tomber sur la nuque.