Roland-Garros 2014: «Mon fils a les idées en place, il sait se protéger», assure le père de Laurent Lokoli

TENNIS Dominique Lokoli n’a pas été trop affecté par la défaite de son fils face à Johnson (6-4, 7-6, 6-7, 3-6, 3-6)…

Julien Laloye

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Laurent Lokoli félicite Steve Johnson, le 28 mai 2014 à Roland-Garros.
Laurent Lokoli félicite Steve Johnson, le 28 mai 2014 à Roland-Garros. — Michel Euler

Les supporters les plus nostalgiques du PSG n’auront pas du mal à s’en souvenir. Dominique Lokoli a perdu ses cheveux, mais à part ça, cet ancien défenseur parisien des années 70 n’a pas changé des masses. Mercredi, dans les tribunes surchauffées du court n°7, Dominique a assisté à la fin de son fils Laurent, la dernière trouvaille du tennis français, qui n’a pas réussi à remonter son handicap face à Johnson lors de la dernière manche, interrompue mardi à 3-1 et finalement perdue 6-3. Sans regrets pour autant.

Qu’est-ce qui domine après cette défaite de votre fils? La déception, ou la fierté de l’avoir vu tout donner jusqu’à la fin?

Je ne suis pas déçu. On apprend toujours des défaites, et je pense que Laurent a beaucoup appris sur ce court.  Ce matin il était bien, mais un peu moins saignant qu’hier, il a joué quatre heures, c’est la première fois de sa vie. Il y a cinq mois il était blessé aux abdominaux, on voulait juste une carrière sans pépins physiques. Il a raté des balles de match, mais même les grands joueurs ça peut leur arriver, et lui c’était son premier match en cinq sets.

La Corse était venue en nombre pour le soutenir pourtant…

Oui, c’était un peu l’ambiance de Furiani sur le court. C’est bien, en plus c’est son club. On est venus sur les conseils de Thierry Tulasne, son entraîneur. Il a besoin d’avoir son cadre familial, de son île, pour se ressourcer même à Roland-Garros.

Laurent a détonné par sa personnalité? Il est vraiment comme ça tout le temps?

Moi je le connais, il est introverti, tranquille à l’intérieur. Mais c’est un passionné, il a besoin de s’exprimer avec les gens qu’il aime, le public, il joue vrai, ce n’est pas un personnage.

Vous n’avez pas eu peur pour lui avec toute cette agitation médiatique?

Il a les idées en place, il sait ce qu’il veut, il sait se protéger, j’essaie moi aussi de le protéger. Mais c’est bien qu’il aille au contact de la jeunesse, il sort du cadre, peut-être que les gens s’identifient un peu à lui.

Vous pensez que sa carrière va décoller maintenant?

Je sais ce que c’est le haut niveau alors disons qu’il m’écoute. Je lui dis que jouer chez les pros, c’est ingrat. On n’est pas là pour s’enflammer, un jour ça va, mais le lendemain il faut se remettre à l’ouvrage. Je pense qu’il a l’entourage tennistique pour progresser. Moi je ne rêve par pour lui, mais si ça doit arriver, c’est qu’il aura travailler comme il fallait. Il faut continuer, continuer, continuer.