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JO 2024 à Paris: «Arrêtons de dire qu'on n'est pas bon», réclame Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux Sports

JO 2024 à Paris: «Arrêtons de dire qu'on n'est pas bon», réclame Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux Sports

INTERVIEWCoupe du monde, fair-play financier, sport féminin, candidature olympique, Thierry Braillard s’explique…
A.M. et R.B.

A.M. et R.B.

En poste depuis un mois, Thierry Braillard s’apprête à vivre un moment intense: une Coupe du monde dans la peau d’un secrétaire d’état aux sports. Mais au-delà du rendez-vous brésilien, il y a aussi beaucoup de dossiers sur son bureau.

Les derniers secrétaires d’Etat aux Sports ont souvent eu du travail à cause des Bleus lors des compétitions… Vous vous préparez à éteindre un incendie potentiel au Brésil?

J’ai aussi des prédécesseurs qui en ont allumé. Il ne m’appartient pas de commenter le prix des hôtels. La FFF est assez responsable pour savoir ce qu’il faut pour mettre l’équipe de France dans les meilleures conditions pour qu’elle réalise la meilleure des compétitions. Le rôle d’un secrétaire d’Etat c’est d’être en contact régulier avec la fédération pour comprendre, se faire expliquer, mais à aucun moment commenter les choix du sélectionneur.

Où en est-on de l’application de la taxe à 75 % pour les clubs de foot?

Elle s’appliquera pendant deux ans, comme la loi l’a prévu. Elle n’a pas vocation à se perpétuer dans le temps. La première annuité doit être payée dans les prochains jours, la seconde dans un an. La seule chose que j’avais suggérée à l'époque où j'étais parlementaire c’est qu’elle ne soit pas rétroactive, parce que les clubs ne l’avaient pas prévue dans leur budget.

Redoutez-vous que le fair-play financier pénalise le foot français?

S’il a été mis en place, c’est pour réguler les excès. Maintenant cette régulation pourrait aussi prendre en compte les disparités sociales et fiscales d’un pays à l’autre. Un frein pour le PSG? Non c’est un frein aux clubs qui veulent émerger trop rapidement. Quand on veut atteindre le top 10 européen, c’est vrai que ça peut prendre un peu plus de temps que prévu.

Vous allez aussi rencontrer les supporters. Dans quel but?

On avait pris du retard. J’avais souhaité que les supporters puissent rentrer dans les capitaux des clubs, comme en Espagne avec les socios. Plus les supporters s’organiseront, mieux on arrivera à recréer une très bonne ambiance dans le foot, à éliminer les éléments perturbateurs qui n’ont rien à faire dans ces infrastructures, et permettre que tout le monde puisse venir sans avoir peur de quoi que ce soit.

Vous vous imaginez demander à Jean-Michel Aulas de lâcher 5 % du club à ses supporters?

Ce sont des sociétés privées. On peut suggérer, mais on n’a pas le pouvoir d’imposer.

Jeudi est sorti un livre blanc regroupant 60 propositions pour aider le sport féminin. L’une d’elle propose que le sport masculin reverse sous une forme à définir une partie de ses bénéfices. C’est la bonne direction?

Je ne pense pas que ça passe automatiquement par le transfert d’argent. C’est une prise de conscience que je souhaite accompagner. Au-delà des mots, ça veut dire aussi s’attacher au statut des sportives, qui n’est pas encore assez reconnu dans toutes les fédérations. Il faut aussi promouvoir le sport féminin à la télévision.

Une femme pour entraîner Clermont, c’est un coup de boost?

Oui, mais c’est marrant: il y a des hommes qui coachent des féminines et ça ne fait pas le buzz. Il faut qu’à terme ça devienne normal et banal.

Une arena à Paris, un stade de rugby… Où sont les priorités en termes d’infrastructures?

Il manque à Paris une infrastructure de style Arena, qui peut accueillir entre 8.000 et 12.000 personnes. On ne peut pas se satisfaire de Coubertin ou de la Halle Carpentier, qui apparaissent d’un autre temps. Il y a un projet qui va voir le jour. Sur quel financement? Il n’est pas arrêté, mais je laisse le soin à la ville de Paris de l’organiser. Pour le rugby, il y a plusieurs enjeux sur ce stade. Il y a celui de l’enjeu sportif, mais principalement un enjeu d’aménagement du territoire. Quand vous regardez le dossier, ce n’est pas qu’un stade de rugby, c’est un lieu de manifestations et d’évènementiel.

Le Stade de France, le Parc des Princes, les stades Jean-Bouin et l’Arena 92… Ce n’est pas trop?

C’est une histoire de logique financière. Vous pourriez en avoir 10, si les 10 arrivent à trouver un équilibre financier. Je fais confiance aux personnes qui décident d’investir pour comprendre qu’ils ne seront pas perdants.

Paris pourrait être candidat à l’organisation des JO 2024. Est-ce bien raisonnable financièrement en temps de crise?

Vous ne parlez que de la colonne dépense. C’est vrai qu’elles augmentent de plus en plus, mais on ne peut pas parler d’un dossier comme celui-ci si on n’entrevoit pas la colonne recette. Le bilan des JO de Londres amène un bénéfice pour le comité d’organisation. S’il y a vraiment un dossier sensible c’est celui-ci, il faut éviter les effets d’annonce. Là, il manque un travail préparatoire qui n’est pas fait et qui va se faire. Après une décision devra être prise.

La France est-elle encore capable d’organiser des Jeux olympiques?

La France est un grand pays. On va organiser de façon magistrale l’Euro 2016. Quand on voit les dernières organisations qui ont eu lieu, jamais un pays n’a été aussi prêt en avance de l’événement. Arrêtons de dire qu’on n’est pas bon. Au contraire, là on montre qu’on peut être les meilleurs.