Ukraine: «Ce n’est vraiment pas la guerre civile», assure Yannick Boli, ancien du PSG exilé à Lougansk

FOOTBALL Formé au PSG, l’ancien espoir joue désormais à Lougansk, à l’extrême est ukrainien, en pleine crise avec la Russie…

Antoine Maes

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Yannick Boli, alors sous le maillot du PSG, lors d'un match amical contre Roulers, en juin 2008.
Yannick Boli, alors sous le maillot du PSG, lors d'un match amical contre Roulers, en juin 2008. — MYSTY/SIPA

Selon la mission d’observation de l’OSCE, la situation est désormais «calme» en Ukraine, «sauf dans le sud et l’extrême-est». C’est justement là-bas, à Lougansk, à 60km de la Russie, que joue le dernier Français du championnat ukrainien. Yannick Boli, formé au PSG et neveu de Basile et Roger, évolue sous le maillot du Zariah Lougansk depuis plus d’un an. Malgré la crise qui secoue l’Ukraine depuis plusieurs mois, il se refuse toujours à quitter le pays.

Est-ce que vous arrivez à vous rendre compte de la situation de l’Ukraine?

Le problème, c’est que je n’ai rien vu de moi-même, à part à la télé. Oui, j’ai eu un peu peur. Mais j’en ai parlé avec mon club, et ils m’ont assuré que les medias en faisaient trop. Bien sûr, il y eu des morts, des échauffourées, mais c’est vraiment localisé sur les places ou les bâtiments municipaux. Moi, personnellement, je n’ai rien vu, si ce n’est une fois à Lougansk: j’ai vu un peu de monde, comme une manif.

A quoi ressemble Lougansk?

Il y a eu un bâtiment de sécurité, des manifestants sont venus, ils ont cassé des trucs, ils ont barré une route pour pas qu’on y accède, mais sinon c’est calme. Là je peux me balader à pied. Pour moi il n’y aucun problème. Les joueurs ukrainiens en parlent, et c’est vrai qu’à Lougansk il y a beaucoup de Russes, donc c’était un peu chaud, mais c’était plus des manifs qu’autre chose.

Dans quelle ambiance se joue championnat?

On a commencé un peu tard par mesure de sécurité. Quand ça s’est calmé, on a pu commencer. Il y a quelques jours, on est allé à Kharkov en car, je n’ai rien vu, on ne s’est pas fait arrêter par la police. Il y a un Brésilien avec moi, on avait un peu peur. Parce qu’on entend, par notre pays, comme quoi c’était un peu chaud à Kharkov. Il se passe des trucs c’est vrai, mais les gens en font un peu trop, c’est vraiment très calme. Ici, les gens disent qu’il n’y a aucun problème. Quand je leur dis qu’en France, on dit «il s’est passé ci, il s’est passé ça», ils me répondent «mais enfin c’est tranquille il ne se passe rien du tout».

Vos proches ne vous ont pas appelé pour que vous rentriez?

J’étais affolé par rapport aux infos de mes proches. Ce n’est pas l’alarme comme il se dit en France, ce n’est vraiment pas la guerre civile. Dans le cas contraire, je serai reparti avec ma famille.

Franck Dja Djé Djé, Damien Le Tallec ont quitté le pays, vous êtes donc le dernier français?

Je pense oui. Franck est parti, apparemment sa ville était plus touchée que la mienne. Je pense qu’il a eu plus peur qu’autre chose. Les joueurs ne sont pas touchés, la population non plus, ils s’attaquent au gouvernement. Quand je me suis concerté avec mon président et mon coach je leur ai dit «je prends mes bagages demain et je rentre». J’avais peur d’être bloqué dans le pays. Ils m’ont assuré que si je voyais un truc, s’il se passait une chose d’un peu chaud, ils feraient tout pour me faire partir du pays. Ils comptent sur moi, ils veulent que tout se passe bien pour moi. Et donc je suis resté, et je ne suis pas déçu.