Bretagne: Une manifestation pour le rattachement de Nantes à la région
AMENAGEMENT TERRITORIAL•Les annonces de Manuel Valls relancent l'espoir d'une réunion entre la Loire-Atlantique et les quatre autres départements actuels...A Rennes, Camille Allain
«Je propose de réduire de moitié le nombre de régions dans l’Hexagone.» Prononcée le 8 avril par Manuel Valls, cette phrase a redonné espoir à tous les militants de l'intégration. Ce samedi, ils se réuniront à Nantes en début d'après-midi pour demander la réunion de la Loire-Atlantique avec l'actuelle région Bretagne. Hier simple acte militant, la «réunification» n’a jamais été aussi envisageable.
«On a une opportunité de faire les choses très vite, sans modifier la législation. Il faut qu’on s’en saisisse», insiste Daniel Cueff. Le conseiller régional propose «de passer par un référendum pour consulter la population».
«Vrai pouvoir régional»
Comme lui, les spécialistes de gouvernance territoriale sont de plus en plus nombreux à aller dans le sens de cette réforme territoriale. «Il faut des régions plus fortes, à l’image des Länder allemands, et moderniser cette organisation obsolète et coûteuse», abonde Romain Pasquier. Le politologue rennais milite pour une suppression des assemblées départementales, au profit d’un «vrai pouvoir régional». «La Bretagne passerait d’un budget d’un milliard d’euros à plus de cinq milliards. Aujourd’hui, il y a plein d’acteurs mais ils n’ont aucun pouvoir», assène-t-il.
Le probable démantèlement de la région Pays de la Loire apparaît aussi comme «logique» aux yeux du géographe Jean Ollivro. «Certaines institutions fonctionnent très bien à cinq départements comme la cour d’appel ou le label Produit en Bretagne. Il y a une logique de territoire et de culture», explique le géographe.
Quant à la question de la gouvernance entre Rennes et Nantes, tous militent pour une complémentarité. «Nous ne sommes pas obligés d’avoir un seul chef», assure Jean Ollivro. «Rennes a un profil administratif et Nantes est un poumon économique. Les fonctions seront partagées», confirme Romain Pasquier.


















