Pierre Ferracci, président du Paris FC, Patrice Haddad, président du Red Star et Jérôme Touboul, journaliste à L'Equipe, le 15 avril 2014.
Pierre Ferracci, président du Paris FC, Patrice Haddad, président du Red Star et Jérôme Touboul, journaliste à L'Equipe, le 15 avril 2014. — G. Le Goff / Panoramic / Galaxy foot

INTERVIEW CROISEE

La présence d’un deuxième club parisien en Ligue 1 est-elle possible?

Pour l’instant en National (troisième division), le Paris FC et le Red Star espèrent atteindre l’élite dans un avenir proche…

Rome a l’AS Rome et la Lazio, à Madrid, le Real et l’Atlético se disputent la suprématie dans la capitale et à Londres entre Chelsea, Arsenal, Tottenham, Fulham et bien d’autres encore, on ne sait pas où donner de la tête. Le Paris Saint-Germain est le seul représentant de la capitale en Ligue 1. Pourtant Patrice Haddad, président du Red Star et Pierre Ferracci, président du Paris FC espèrent bien que leurs clubs atteindront l’élite pour contester l’hégémonie du PSG d’ici quelques années.

En rassemblant vos forces, il serait plus facile pour vous d’atteindre la Ligue 1. Une fusion est-elle envisageable?

Patrice Haddad: Aujourd’hui c’est très compliqué. Pour le moment ce n’est pas envisagé mais on peut travailler ensemble sur certains points. On a un objectif commun, celui de mutualiser les forces autour de la formation des jeunes.

Pierre Ferracci: On n’en est pas là pour l’instant, on est prêt à faire des choses ensemble, mais les deux clubs sont totalement opposés à la fusion. On a, éventuellement, un projet de formation commun, ce n’est pas simple car il s’agit quand même d’un club rival mais on est prêt à discuter ensemble.

Pour arriver jusqu’à l’élite il faut une équipe, comment faites-vous pour conserver vos joueurs?

P. H.: Nous n’avons pas le pouvoir financier d’un club de Ligue 2 ou Ligue 1. On leur propose une formation professionnelle et on leur rappelle que quitter sa famille à douze-treize ans pour un centre de formation ce n’est pas forcément l’idéal. Ici, les jeunes peuvent pratiquer du football à un niveau équivalent tout en préservant le confort familial.

P.F.: La seule solution c’est de leur faire des contrats disproportionner à leur âge. Mais nous n’avons pas les moyens financiers pour prendre ce genre de risque avec tous les joueurs qui sont bons. Par exemple, là nous sommes en difficulté car Barcelone supervise deux de nos jeunes qui ont onze et douze ans. On ne peut rien faire face à de tels clubs.

Comment expliquez-vous le fait que des petits clubs de province atteignent la Ligue 1 avec un vivier de population moins important qu’en Île de France (12 millions d’habitants)?

P.H.: C’est plus facile de réussir en province. Dans les petites villes, toutes les énergies sont tournées vers le club, que ce soit les médias, les entreprises ou la municipalité… Regardez Evian TG accompagné par Danone ou Valenciennes avec Toyota…

P.F.: On a du mal à atteindre l’élite car le championnat national (3e division) est le plus compliqué qui existe. Statistiquement, deux clubs sur trois qui atteignent la Ligue 2, redescendent l’année suivante. On est confronté à une autre difficulté, nous avons quatre équipes qui évoluent sur notre terrain synthétique (trois équipes jeunes et l’équipe professionnelle) qui est déjà au bout du rouleau au bout de trois ans.

Ou voyez-vous votre club à moyen terme?

P.H.: Je ne sais pas, on verra… Le Red Star c’est une start-up de 120 ans (rires)! Laissons la se développer…

P.F.: Dans cinq ans on se voit en Ligue 1, des partenariats avec des clubs de l’élite sont en train de se structurer. On ne peut pas ne pas bouger.