L’Occitanie va disputer la Coupe du monde

FOOTBALL La compétition, réservée aux minorités ethniques ou linguistiques, aura lieu début juin, en Laponie suédoise…

Nicolas Stival

— 

L'équipe d'Occitanie, cinquième de la VIVA World Cup au Kurdistan irakien, en juin 2012.
L'équipe d'Occitanie, cinquième de la VIVA World Cup au Kurdistan irakien, en juin 2012. — AOF

Vous voulez assister à une Coupe du monde de football, mais votre banquier grimace à l’idée d’un périple au Brésil? Essayez la Laponie suédoise! La ville d’Östersund accueillera du 1er au 8 juin le Mondial organisé par la ConIFA, qui regroupe des «territoires, nations ou peuples sans Etat», non reconnus par la très officielle FIFA.

Douze formations réparties en quatre poules, tirées au sort lundi, viseront le titre. A côté de minorités ethniques ou linguistiques issues de zones de conflit comme le Kurdistan, les Tamouls du Sri Lanka ou le Darfour soudanais, seront également présents l’île de Man (Royaume-Uni), le Québec et l’Occitanie.

«La plus grosse équipe de tous les temps»

«Nous alignerons la plus grosse équipe de tous les temps, promet Nicolas Desachy, président de l’Associacion Occitana de Fotbòl (AOF), née en 2004. Nous voulons gagner l’épreuve, mais le niveau sera très relevé.»

La «Seleccion» a été versée dans le groupe C, avec la Laponie, qui pourrait aligner des joueurs de D2 suédoise, norvégienne et finlandaise, et l’Abkhazie, entité caucasienne au potentiel plus mystérieux. «Nous pouvons évoluer à un niveau CFA, reprend Desachy (32 ans), chef d’entreprise gersois basé à Toulouse, spécialisé dans la gestion patrimoniale. Nos meilleurs éléments ont joué en National comme Nabil Moussi avec Clermont, ou en L2 espagnole, comme Vivian Dors.»

Issus du Languedoc ou de Midi-Pyrénées, la plupart des sélectionnés fréquente le niveau régional. Rien à voir donc avec les professionnels qui défendent les couleurs de la Bretagne, comme Romain Danzé (Rennes) ou Etienne Didot (Toulouse). Sans même parler, en Espagne, de la Catalogne, dont le FC Barcelone constitue l’épine dorsale, ou du Pays basque, alimenté par l’Athletic Bilbao et la Real Sociedad.

«Aucune revendication politique»

«De toute façon, à partir du National, les clubs ne veulent pas libérer leurs joueurs, constate le président de l’AOF, qui a disputé plusieurs compétitions internationales comme capitaine. Mais si un joueur de L1 se sent occitan, nous sommes intéressés.»

Les sélectionnés ne parlent pas forcément la langue d’oc. «Ce qui compte, c’est qu’ils adhèrent à la culture et aux valeurs occitanes: respect, convivialité, humilité et combativité», détaille Desachy.

Certains adversaires peuvent sentir le soufre. Comme la Padanie, le terme fréquemment utilisé par le parti xénophobe de la Ligue du Nord pour désigner l’Italie septentrionale. «Nous n’avons aucune revendication politique», tranche Nicolas Desachy. Juste la volonté de briller en juin, sous le timide soleil lapon.