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VI Nations: Brian O’Driscoll, la fin d’un mythe

VI Nations: Brian O’Driscoll, la fin d’un mythe

RUGBYLe trois quart irlandais terminera sa carrière internationale samedi au Stade de France…
Julien Laloye

Julien Laloye

Cédric Desbrosse pourrait être le papa de Gaël Fickou. Peut-être même que ce dernier est tombé sur une photo de son aîné dans un couloir d’Ernest Wallon en se demandant qui c’était. Auquel cas on peut répondre pour lui. Desbrosse est le premier qui a vu la foudre O’Driscoll s’abattre sur le rugby mondial, un après-midi de l’an de grâce 2000, dernière défaite en date d’une équipe française contre l’Irlande à Saint-Denis. Dernière sélection aussi pour l’ami Desbrosse. «Ce jour-là je remplaçais Dourthe, et le bon dieu était avec O’Driscoll. Je n’avais pas d’automatismes défensifs avec Stéphane Glas, et il a parfaitement senti les coups. On peut dire que j’ai lancé sa carrière (rires)!»

«Ce jour-là, le bon dieu était avec lui»

Le rapport avec Gaël Fickou? Quatorze ans après, pour sa première titularisation dans le tournoi des VI Nations, le lointain héritier de Desbrosse aura l’honneur d’être l’adversaire direct de «BOD» pour sa… 141e cape international, record absolu en la matière et ce pour un moment. Car il n’y en aura pas de 142e, malgré les clameurs répétées de l’Aviva Stadium la semaine passée pour pousser le centre du Leinster à entretenir sa légende un an de plus. «Je n’ai jamais eu la chance de jouer face à lui, c’est une énorme fierté d’être son dernier adversaire, confie Fickou. Il fait partie des joueurs emblématiques dont je me suis inspiré. Sa communication, son leadership sur ses équipiers, il a une influence énorme sur les résultats de son équipe. Il n’y a pas un centre plus omniprésent que lui.»

Et pas beaucoup de plus complets sur la dernière décennie, ajoute Desbrosse. «Jauzion était peut-être un peu plus fort à son meilleur car il était plus physique, mais O’Driscoll, c’est le roi des contournements d’espaces. Il est indépassable dans cette filière.» Pile la définition qu’on donne de Gaël Fickou depuis ses débuts. «Oui, bon, je ne sais pas si dans quatorze ans je serai au même niveau que le sien aujourd’hui, plaisante le Toulousain. Mais si je peux avoir son aisance et sa facilité dans sa façon de faire…» Ainsi qu’un deuxième centre sur qui compter pour bâtir une entente solide. «D’Arcy a fait beaucoup pour lui en jouant à ses côtés, poursuit Desbrosses. Le centre, c’est d’abord des complémentarités.» Et un physique inoxydable à une époque où les intervalles se raréfient à vue d’œil.

«Il se préserve depuis des années pour l’Irlande»

«O’Driscoll a apporté beaucoup au rugby mondial de par son profil, reconnaît Philippe Saint-André. Mais il doit faire entre 15 et 18 matchs par an maximum. Ca fait des années qu’il se préserve pour les matchs de l’Irlande». Ca aide. Capable de renoncer à assister au mariage de Kate et William pour préparer une demi-finale de H Cup avec le Leinster, «BOD» a sans doute mijoté un dernier tour de piste à la hauteur de son immense carrière. Se faire martyriser par Gaël Fickou ne doit pas faire partie du programme.