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Sotchi 2014/Grange: «Nous sortir ce tracé le jour des JO…»

Sotchi 2014/Grange: «Nous sortir ce tracé le jour des JO…»

JEUX OLYMPIQUES – Le Français, cinquième de la première manche du slalom, s’est montré fataliste après sa sortie de piste en deuxième manche…
Propos recueillis par Julien Laloye, à Sotchi

Propos recueillis par Julien Laloye, à Sotchi

De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie),

L’espace d’une première manche superbement maîtrisée, il avait fait naître l’espoir fou d’un podium olympique, lui qui ne savait s’il allait pouvoir skier de nouveau il y a encore deux ans. Mais Jean-Baptiste Grange, comme la moitié des concurrents dont Alexis Pinturault, n’a pas survécu à la deuxième manche tracée en dépit du bon sens par le père d’Ivica Kostelic. Un abandon que l’ex-champion du monde de la discipline préfère prendre avec philosophie.

Cinquième à l’issue de la première manche, on imagine que vous visiez mieux que ça en deuxième?
C’est dur. Après tout le monde avant moi était allé vite. Avant le départ, j’étais dans l’état d’esprit de lâcher fort pour ne pas avoir de regrets et me retrouver cinq ou six à l’arrivée. Le problème c’est qu’avec ce tracé j’étais à côté de la plaque. Il fallait partir prudemment pour ne pas sortir sur le haut, mais je n’étais pas partie pour faire du bétonnage.

Ce tracé, il était si vicieux que ça ?
Il est frustrant, parce que le père Kostelic nous sort un truc incroyable le jour des JO. Il faut voir l’énergie qu’il fallait y laisser. C’était encore plus piégeux qu’à Kitzbühel, la dernière fois. La-bas, c’était juste moche, lent, et tournant. Ici, c’était hyper piégeux pour tout le monde.

C’est normal que ça arrive lors du slalom olympique?
On sait comment il trace, on a déjà eu pas mal de soucis avec lui. On pourrait l’interdire de tracer, et ce serait réglé. Maintenant, je ne veux pas manquer de respect à Mario Matt ou à Marcel Hirscher. Sur le podium on a un double champion du monde et le meilleur slalomeur du circuit depuis trois ans, ils ont su s’adapter aux conditions.

Vous n’avez pas l’air plus déçu que ça, on se trompe?
Je relativise parce que je sais d’où j’arrive. Il y a deux ans, avec mon dos, je ne savais pas si je pourrais reskier un jour sans douleur. Rien que le bonheur d’avoir fait ce que je voulais cette saison, c’est énorme. Cela m’a permis d’augmenter mon niveau. Je me rapproche doucement des meilleurs, même s’il n’y a pas encore eu de podium.

C’était le bon moment pour le faire…
C’était le bon moment pour le faire. Après, je suis bien rentré dans mes Jeux, j’ai aimé mon état d’esprit. Il y a des regrets parce que les JO sont tous les quatre ans, mais j’ai connu trop de choses pour me prendre la tête là-dessus maintenant.

D’autant que la victoire de Matt prouve qu’on peut durer longtemps en slalom, non?
Oui (sourire). Quand je vois Mario et que je vois certains gars en Coupe du monde, je me dis qu’il me reste encore cinq ou six ans devant moi. Après j’ai eu tellement de pépins physiques…Déjà que ça aille bien de ce côté-là, et on verra année après année.