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Sotchi 2014: Depuis Vancouver, ça plane pour Jason Lamy-Chappuis

Sotchi 2014: Depuis Vancouver, ça plane pour Jason Lamy-Chappuis

JEUX OLYMPIQUESPorte-drapeau de l’équipe de France, le champion olympique de Vancouver a changé de statut en quatre ans...
Romain Scotto

Romain Scotto

De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie),

Quatre ans après, Jason Lamy-Chappuis n’a pas totalement terminé sa croisade. Convertir tout un pays à une discipline aussi obscure que le Boson de Higgs est un exercice d’une immense complexité pour le champion olympique de Vancouver, encore obligé de préciser à certains interlocuteurs en quoi consiste le combiné nordique. «On confond encore avec le biathlon. Je vois que j’ai encore du boulot à faire pour être ambassadeur de ma discipline», sourit «Jez», le spécialiste de l'alliage saut à skis - fond (voilà pour l’antisèche).

Bien conscient de pratiquer un sport mineur, le porte-drapeau des Bleus à Sotchi s’amuse de ce relatif anonymat, même si «l’effet JO» joue parfois lorsqu’il s’extirpe des forêts jurassiennes. Sans être une rock star, JLC reçoit quotidiennement son lot de lettre d’encouragements ou demandes d’autographes. Les demandes affluent de toute la France. «Il y a des personnes, en Bretagne par exemple, qui n’ont pas pour priorité le ski de fond, qui me reconnaissent».

Plusieurs nouveaux sponsors

Après Vancouver, le spécialiste du combiné s’est amusé des nombreuses sollicitations reçues. Mais rien de bien transcendant. «J’ai été invité à Roland-Garros, sur des étapes du Tour de France dans des voitures officielles. C’est assez sympa de découvrir d’autres sports et des grands évènements. Plus tard, l’atterrissage a été plus compliqué à cause du manque d’entrainement.» Après deux mois d’excitation, le douanier de Bois d’Amont s’est donc recentré sur son sport, écartant poliment les nouvelles demandes. «Si je continuais, je partais droit dans le mur», glisse celui qui a étoffé depuis son palmarès de deux gros globes de la Coupe du monde.

Côté finances, la star du combiné mondial a aussi récolté les fruits de son titre. Après Vancouver, plusieurs nouveaux sponsors l’ont contacté, portant à une dizaine le nombre de ses partenaires (dont Ubex, Transdev et Procter et Gramble). JLC travaille toujours sans agent, mais avec une avocate. «On m’appelle et je dis oui ou non pour les contrats.» L’essentiel étant de ne pas imposer trop de «contreparties» au cours de la saison. En cette année olympique, il a donc limité ses journées promotionnelles, ou ses interventions en entreprises. Une vingtaine par an «ce qui est déjà pas mal.»

Le reste du temps, Lamy-Chappuis l’a passé sur les pistes ou les tremplins à soigner sa préparation. A 27 ans, celui qui se voit un jour pilote d’avion traque toujours le «geste parfait», avec cette impression qu’il peut encore progresser. «Je ne me voyais pas arrêter pour une autre vie. J’aurais le temps d’être pilote plus tard.» Pour l’instant, il ne s’envole que pour aller chercher des médailles.