02:16
Sotchi 2014: Martin Fourcade, la délivrance
JEUX OLYMPIQUES – Le Français a décroché le titre olympique qu'il était venu chercher à Sotchi...Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie)
La première balle a mis une éternité à sortir. Comme si Martin Fourcade avait eu besoin de se débarrasser des fantômes de ce tir raté «d’un cordon» (2mm) qui l’avait privé de podium samedi lors sa première course olympique. C’était d’ailleurs la seule consigne de Siegfried Mazet, l’entraîneur des Bleus, au briefing du matin: «Passer les couchés, ne pas se pénaliser à ce moment là, parce qu’une course commence aux tirs debout.» Le leader de la coupe du monde –un titre qui perd toute sa superbe à côté de champion olympique, a respecté le plan à la lettre. Les Norvégiens? Perdus au pas de tir, où on les cherche toujours. La surprise canadienne? Dans les graviers enneigés sur le seul virage à épingle du parcours. Le danger venu de l’est ? Moravec est celui qui est resté au contact le plus longtemps, mais jamais assez près pour gâcher le grand jour de Fourcade.
«Depuis le temps qu’il nous en parlait»
«Depuis le temps qu’il nous en parlait de ce titre olympique, enfin c’est fait» plaisante le petit dernier, Simon Desthieux, top 20 prometteur au final. Monstre absolu de la discipline depuis trois ans, champion de monde tellement de fois qu’on ne les compte plus, le Français avait promis un titre en arrivant Sotchi. Et il n’a pas flanché, malgré un premier week-end mal emmanché. «C’est une libération, reprend Mazet. Martin ne s’est pas facilité la tâche en annonçant qu’il venait pour un titre olympique. Il lit tout ce que vous écrivez, alors même si je ne vais pas vous dire qu’il s’était mis à douter, ce n’était pas si simple. Il a fallu le rassurer, lui dire qu’il avait tout pour le faire, et il l’a fait, il a retrouvé le feu sacré qu’il a toute la saison.» Simon, le grand frère, celui qui devait tout casser à Vancouver avant de plafonner et de voir Martin lui passer devant, l’avait senti dés le matin.
«On s’est juste dit qu’on s’aimait très fort»
«Dans la cabane je l’ai senti libéré, il déconnait comme à son habitude. En le connaissant de très près comme je le connais, avec son statut de favori, je savais que ça allait bien se passer. » Les deux frères se sont enlacés longuement sur la ligne d’arrivée. Sans rien de dire de spécial. «Juste qu’on s’aimait très fort, je crois que ça suffit à résumer la chose. Là c’est du bonheur pout tout le monde. Pour la famille, pour l’équipe, pour la France. Martin a cassé tous les records qu’il pouvait casser au biathlon, là il a la consécration qu’il mérite aux yeux du grand public, aux yeux de la France.» Laquelle n’a pas fini de manger du Fourcade, encore capable de décrocher quatre médailles potentielles. «Il a dit qu’il se contenterait d’une seule, mais maintenant que la pression est tombé, je pense que la machine est lancée.» La prochaine médaille d’or est prévue pour jeudi. Mettez les bouteilles au frais.


















