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Sotchi2014: «La seule personne qui pouvait me battre, c’était moi», promet Martin Fourcade
JEUX OLYMPIQUES – Le Français a remporté son premier titre olympique en poursuite...Propos recueillis par Julien Laloye
Il s'était (un peu) raté au sprint, mais ses douze secondes de retard au départ ont été avalées en moins d'un tour. Remonté comme un coucou, Martin Fourcade a progressivement distancé tous ses adversaires avant de prendre le temps d'exulter sur cette dernière balle en plein dans le mille synonyme de titre olympique, le premier pour les Bleus lors de ces JO et une juste récompense pour le Catalan qui domine le biathlon mondial depuis trois ans.
Martin Fourcade, Ca fait quoi d’être champion olympique?
Ca c’est un peu calmé là tout de suite. Mais c’est incroyable, de l’extrême ca passe à l’apaisement. Ca fait quatre ans que je pense à cette médaille, que je me lève en y pensant, que je mange en y pensant que je dors en y pensant. C’est fantastique, je suis heureux de l’avoir fait.
C’est un soulagement après le sprint un peu poussif?
Non, pas un soulagement. Je sais qu’on peut dominer son sport pendant deux ans et ne pas ramener de titre olympique la troisième année. Mais je n’avais pas peur de ne pas rentrer médaillé, j’avais juste envie de le faire. Ce qui est fou, c’est que tout le monde disait que j’allais réagir après mon sprint en dedans, et même moi je n'en reviens pas de l’avoir fait.
C’est l’orgueil qui a parlé?
L’orgueil parle souvent dans ces situations, mais je ne me résoudrais jamais à dire que c’est un automatisme. Il y a un long processus à mettre en place après une défaite pour en arriver là, même si ça parait facile vu le résultat.
On vous a senti un peu stressé au premier tir…
Je savais que ça allait se jouer au tir. J’ai compris dés le premier tour quand je suis revenu facilement sur le groupe de tête qu’aujourd’hui, que personne ne pourrait me battre. La seule personne qui pouvait me faire louper le titre olympique c’était moi et je ne voulais pas que ça arrive.
A quel moment avez-vous compris que c’était fait?
Au moment de faire partir la dernière balle. Je connaissais le poids de cette balle. Je savais que si je la mettais j’étais champion olympique, et que si je ne la mettais pas j’étais sans doute au pied du podium. Il y a pas mal de choses qui ont fusé dans ma tête. Je me suis dit «c’est ton jour, c’est ce que tu veux, c’est ton objectif, fais-le». Je n’ai pas eu peur de ne pas être champion olympique, j’en ai eu envie.
Vous débloquez enfin le compteur des Bleus sur ces JO. C’est une fierté pour vous?
Je suis content d’avoir apporté cette médaille à l‘équipe de France, de partager le podium avec Jean-Guillaume, c’est quand même mon meilleur adversaire depuis que j’ai quinze ans, c’est assez spécial d’être là avec lui. Et puis il y avait mon frère à l’aire d’arrivée, c’est une médaille qu’on partage tous les deux même si on n’est pas allés la chercher tous les deux. Ce titre, c’est une incroyable aventure humaine.


















