Sotchi 2014: Coline Mattel, la skieuse qui rêvait d'être Florence Foresti

JEUX OLYMPIQUES La jeune sauteuse à ski veut devenir comédienne après sa carrière de sportive de haut niveau...

Julien Laloye

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Coline Mattel, le 8 février 2014 à Sotchi.
Coline Mattel, le 8 février 2014 à Sotchi. — JOHN MACDOUGALL / AFP

De notre envoyé spécial à Sotchi,

Dès la première rencontre, cela saute aux yeux. Coline Mattel, médaillée de bronze mardi aux JO de Sotchi, dégage un truc. Une assurance qu’on ne trouve pas chez une jeune fille de 18 ans, capable de parler aux médias comme si elle avait fait ça toute sa vie. En priorité de saut à ski, puisqu’elle est là pour ça.

Championne du monde junior à 16 ans, surdouée gentiment fainéante – bac S mention très bien sans avoir mis les pieds au collège- qui a laissé la Japonaise Takanashi, une autre génie dans ce sport tout nouveau, s’envoler loin devant depuis l’an passé. Mattel valide l’analyse sur toute la ligne. Mais elle s’en moque comme de son premier saut en grand tremplin. Parce que son truc à elle, c’est la causette. La causette au théâtre.

«On a réécrit Candide»

«Je sais ce que je veux faire de ma vie, c’est être comédienne et arriver à en vivre.» Une idée fixe qui n’est pas tombée du ciel ou d’une réception sur la tête. «Je fais partie depuis longtemps d’une petite troupe qui fait plutôt des trucs comiques. On adapte quelques pièces. Par exemple, il n’y a pas longtemps on a fait une réécriture plus actuelle de Candide. J’adore le rapport qu’il peut exister entre une salle et le public.» Inscrite en licence des arts et spectacles à Grenoble, Mattel a dû sécher la plupart du temps cette année. Mais elle a quand même pris le temps de diversifier son jeu d’actrice. «J’ai envie de toucher à tout, de jouer des personnages plus profonds». Du style Dracula Waltz, une pièce de Marcel Kervan. «Elle y jouait un rôle de bossu qui ne la mettait pas en valeur, mais elle est allée chercher le personnage de manière exceptionnelle», raconte son enseignante dans le JDD.

«Je connais les sketchs de Florence Foresti par cœur»

Mattel a apprécié, mais pas autant que les sketchs de Muriel Robin qu’elle répète en boucle avec une amie. «J’aime faire rire les gens, c’est ce que je fais de mieux.» Sa comédienne favorite? «Je n’en ai pas vraiment, mais c’est vrai que je connais les textes de Florence Foresti par cœur. C’est un peu en modèle.»

Une rumeur a même couru cette semaine à Sotchi, prêtant à la skieuse des Contamines l’intention d’arrêter le saut à skis après les Jeux pour monter un one woman show. «Pas du tout, sourit-elle, je suis dans ce sport pour encore un moment». Au moins le temps de détrôner Takanashi [finalement quatrième]. «Ses sauts sont impressionnants mais je pense qu’elle n’est pas imbattable avec la pression des Jeux. On est plusieurs à pouvoir aller la chercher.» Médaillée de bronze olympique, ça ferait un ou deux petits trucs à raconter pour son premier spectacle.