Si le Parc des Princes est à vendre, le PSG a-t-il intérêt à l’acheter?

Antoine Maes

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Le Parc des Princes en août 2013.
Le Parc des Princes en août 2013. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Pour Anne Hidalgo, candidate (PS) à la mairie de Paris, «ce n’est pas un sujet tabou». Pour son adversaire Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), «Pourquoi ne pas se poser la question?». En pleine campagne municipale, les deux rivales ont ouvert la porte dans L’Equipe à une possible vente du Parc des Princes, actuellement propriété de la ville. De là à ce que le PSG passe à l’acte et fasse une offre pour son enceinte historique, il y a encore de la marge. 

Un cas unique – En France, les clubs propriétaires de leur stade sont excessivement rares. «Des projets privés appartenant à des clubs, à part Lyon, il n’y en a pas», assure Olivier Monna, directeur de la formation au CDES de Limoges et responsable de la formation «Stadium Manager». Et encore, l’OL, après une longue bagarre juridique, a décidé de construire son stade des Lumières ex-nihilo. Un cas courant à l’étranger, notamment en Angleterre et en Allemagne. Quant à l’exemple d’un club ayant racheté un stade d’occasion, il n’existe tout simplement pas. 

Un bail déjà arrangeant – En décembre dernier, la Mairie de Paris et le PSG ont signé la nouvelle convention d’exploitation du Parc des Princes: un bail emphytéotique de trente ans contre un loyer d’un million d’euros par an (hors part variable). Si le tarif a été multiplié par cinq, l’actionnaire qatari va pouvoir investir 75 millions d’euros pour rénover le Parc. «C’est une énorme visibilité sur du très long terme, et ça leur donne la capacité d’investir lourdement. Avec un tel contrat, je ne sais pas si le PSG à un intérêt à aller vers le rachat de son stade», se demande Oliver Monna. «Très limitée» jusqu’à présent, la capacité du club de la capitale à mieux rentabiliser ses loges devrait exploser. Sans passer par la case achat pure et simple. 

Un problème du prix – Comment fixer le prix d’un stade? «Il y a son emplacement, la manière dont il est desservi, et ensuite il y a le niveau de rentabilité», détaille Olivier Monna. A Marseille, la municipalité avait estimé à 200 millions d’euros le prix du stade Vélodrome, et avant rénovation. «C’est impossible de donner un chiffre. Le même stade à Lyon ou à Lille n’aura pas le même prix. Vous jouez dans la capitale française, vous êtes au coeur de l’Europe ce ne sera forcément pas le même prix», promet Olivier Monna. Et les capacités d’investissement des actionnaires qataris sont peut-être immenses, mais peut-être pas sans limite non plus.