Euro de hand: «La victoire finale reste possible», selon Michael Guigou

HANDBALL L’ailier tricolore Michaël Guigou fait le point sur la situation des Bleus avant le début de l’Euro au Danemark…

Propos recueillis par Loïc Bécart

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L'ailier de l'équipe de France de handball Michaël Guigou, le 5 janvier 2014 à Bercy.
L'ailier de l'équipe de France de handball Michaël Guigou, le 5 janvier 2014 à Bercy. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

L’habitude avait été prise de voir l’équipe de France favorite des grandes compétitions. Pour cet Euro, les choses ont bien changé, notamment après un Mondial 2013 en demi-teinte et des derniers matches de préparation loin d’être convaincants. Pour l’ailier Michaël Guigou, un des vétérans de cette équipe en mutation, les carottes sont loin d’être cuites pour les Bleus.

Dans quel état d’esprit abordez-vous cet Euro au Danemark ? 

Mon état d’esprit est simple :  l’équipe de France est toujours capable de faire de grandes choses malgré les différents changements actuels. J’y vais pour gagner la compétition. La victoire reste possible pour nous. Il faudra juste mettre plus de constance dans notre jeu, chose que nous n’avons pas démontré lors de nos précédentes prestations.

Les changements que vous évoquez, c’est l’arrivée d’une nouvelle génération de joueurs chez les Bleus. Quel regard portez-vous sur l’arrivée de ce sang neuf ? 

Cette nouvelle génération n’est pas encore arrivée à maturité. Ils ne sont pas encore confirmés comme des frères Gilles ou un Didier Dinart pouvaient l’être. Mais on savait que ce changement devait intervenir à un moment. La précédente génération est arrivée au bout du parcours.

Le passage de témoin entre les anciens et les novices est-il en train de se réaliser ? 

Pas encore tout à fait. Je pense qu’il se fera pour de bon d’ici trois à quatre ans. On est encore quelques membres de la génération des six titres depuis 2006, avec Jérôme Fernandez, Thierry Omeyer, Daniel Narcisse… Je me souviens que la prise de relais après les Barjots a eu lieu en 2005, après le départ de Jackson Richardson.

Comment expliquez-vous la perte du statut de favori de la France ? 

Tout simplement parce qu’on est passé à côté d’une compétition juste avant (6e des championnats du monde 2013, ndlr). Les gens sont tellement habitués à nous voir gagner… Si on prend ça en compte, la mutation de l’équipe et nos dernières performances, c’est normal de ne pas être favori. Mais il faut se souvenir de l’Euro 2012, en Serbie (où la France ne termine que 11e, ndlr). On nous a défini comme une équipe finie après ça. Et derrière, on a répondu présent en gagnant le titre olympique. La même chose se passera lors de cet Euro.

Quels sont vos favoris pour l’Euro ? 

Le Danemark est ultra-favori. Derrière, il y a la Croatie et l’Espagne. Et bien sûr l’équipe de France...

Vous êtes chez les Bleus depuis 2002, vous avez connu l’enchaînement des titres. Dans cette équipe en plein renouvellement, vous faites presque figure de «dernier des mohicans»...

A 31 ans, seulement ! C’est vrai que depuis un an, il y a eu un coup de balai (rires)... Mais finalement, à bien y regarder, le 7 majeur reste le même. Si Jérôme Fernandez et Thierry Omeyer  nous rejoignent pendant la compétition, l’équipe championne du monde en 2009 pourrait être de nouveau réunie sur le terrain. A l’exception de Didier Dinart, bien sûr.

Comment envisagez-vous votre avenir en équipe de France ?  Cette compétition peut-elle être votre dernière chez les Bleus ? 

Je ne crois pas que ce sera la dernière. Aux Jeux olympiques de Rio 2016, j’aurai 34 ans. Quand je vois Jérôme Fernandez qui est toujours au haut niveau à 36 ans, ça donne des idées. Et puis, il y aura le Mondial 2017 en France. Ce rendez-vous est déjà dans ma tête. Déjà que l'organisation des JO 2012 est passée sous le nez de la France.