Mercato: Hoarau, son fils, le Stade Bordelais, l’Angleterre, et sa signature aux Girondins

Marc Nouaux
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Guillaume Hoarau lors de son premier entraînement avec Bordeaux le lundi 6 janvier 2014.
Guillaume Hoarau lors de son premier entraînement avec Bordeaux le lundi 6 janvier 2014. — NICOLAS TUCAT / AFP

Les étrennes ont été bonnes pour les supporteurs girondins. Alors qu’ils s’attendaient encore à un mercato où les départs seraient plus nombreux que les arrivées, ils ont eu l’heureuse surprise de voir débarquer un attaquant international en la personne de Guillaume Hoarau (29 ans, cinq sélections). Une arrivée que les dirigeants bordelais n’avaient pas vraiment programmée non plus. 

Hoarau, qui a résilié son contrat en Chine en novembre, n’avait qu’une seule obsession, retrouver l’Europe. Et surtout, se rapprocher de son fils, qui habite avec son ex-compagne à Bordeaux, et qu’il n’a pas eu l’occasion de voir beaucoup lors de son année passée dans l’Empire du milieu. Sachant qu’il s’installerait provisoirement à Bordeaux, Ted Lavie, formé aux Girondins et avec qui il a joué à Gueugnon en 2007 et qui s’entraîne avec la CFA du Stade Bordelais, lui propose de s’entretenir avec lui en attendant le mercato.

«Quand j’ai su que c’était Hoarau, j’ai dit oui tout de suite»

 

«Ted m’a parlé d’un ami à lui qui voulait venir s’entraîner, explique Frédéric Parisot, le coach du Stade Bordelais. J’ai mis un frein au départ mais quand j’ai su que c’était Guillaume Hoarau, j’ai dit oui tout de suite. Il n’est venu qu’une fois, on a fait une partie physique et après, on a bossé les duels. On lui a dit que la porte était ouverte quand il reviendrait dans le coin mais il a vite signé avec les Girondins.»

Alors que Hoarau était à Bordeaux dans un anonymat complet jusqu’alors, son entraînement avec les Stadistes va remonter jusqu’aux oreilles de Jean-Louis Triaud, le président bordelais. «Quand j’ai entendu qu’il s’entraînait là-bas, je me suis dit qu’on n’allait pas se faire couper l’herbe sous le pied par le Stade bordelais. J’ai vérifié l’information et je me suis dit, voilà une bonne idée. J’en ai parlé avec Francis [Gillot] qui a validé. C’est un garçon intéressant, qui a un bon niveau, bien sur tous rapports. J’ai pris son téléphone, ce devait être le 10 – 15 décembre.»

«L’aventure en Angleterre serait un super challenge»

 

A ce moment-là, l’ancien du PSG ne sait toujours pas ce qu’il adviendra de son avenir. Romain, fan du PSG, qui a l’agréable surprise de le croiser dans une salle de sports bordelaise, le questionne sur sa présence à Bordeaux. «L’aventure en Angleterre serait un super challenge car j’ai presque 30 ans, lui a-t-il répondu. Mais ça discute avec Bordeaux et c’est forcément un bon projet pour moi.» La présence de Bordeaux dans les quatre premiers de la Ligue 1 peut en effet permettre à Hoarau de faire d’une pierre deux coups. Il s’installe auprès de son fils pendant six mois, le temps de se refaire une santé morale et footballistique, et il verra bien ce qu’il se passera après.

«Il a fait des efforts pour nous rejoindre», indique Triaud qui espère pouvoir «rediscuter au mois de juin» avec le Réunionnais qui a d’ailleurs échangé avec son compatriote, Benoît Trémoulinas, parti à Kiev l’été dernier après avoir fait toute sa carrière en Gironde. «Il m’a appelé quand il a apprit, indique Hoarau. Il m’a donné sa place mais je n’ai pas pris son numéro, je n’ai pas les épaules encore [Sourires]… Il ne m’a dit que du bien de ce club, il en garde un fantastique souvenir car c’est sa famille donc il était très content que je fasse ce choix là.» Tremplin sportif et personnel avant d’aller en Angleterre ou projet à long terme, Bordeaux est une étape décisive dans la carrière de l’ancien attaquant du PSG. Ses performances et son environnement familial conditionneront la suite.