OM: José Anigo entraîneur, «meneur d’hommes» ou «trop émotionnel»?

Camille Belsoeur, avec David Phelippeau

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José Anigo, le directeur sportif de l'OM, le 31 août 2012, à Marseille.
José Anigo, le directeur sportif de l'OM, le 31 août 2012, à Marseille. — GERARD JULIEN / AFP

 «Seul l’instant est béni, le passé est souvenir.» Limogé la veille de l’anniversaire des 70 ans de la naissance de Jim Morrison, Elie Baup pourra désormais méditer les mots du chanteur américain. À Marseille plus qu’ailleurs, un entraîneur est jugé à ses résultats du moment. Nommé en lieu et place de «l’homme à la casquette» pour assurer l’intérim au moins jusqu’à Noël, José Anigo, directeur sportif de l’OM et figure tutélaire du club, connaît mieux que personne cette pression du résultat. Six mois après avoir emmené la bande à Drogba en finale de la Coupe de l’UEFA en mai 2004, il démissionnait après un début de saison catastrophique.

Avec ce nouveau retour surprise à la tête de l’OM – pour ce qui est son 4intérim en équipe première – que peut apporter ce Marseillais pur souche à une équipe perdue sur les terrains de France et d’Europe (11 défaites en 22 matchs cette saison)? «Pour avoir bossé avec lui, José c’est avant tout un meneur d’hommes, explique Christian Larièpe, ex-entraîneur de l’équipe réserve de Marseille et proche de José Anigo. L’avantage qu’il a dans cette situation, c’est qu’il a participé au recrutement de cet été.» Dans un contexte où l’autorité de Baup était bafouée dans le vestiaire, notamment par les jeunes recrues,  cette «poigne de fer» pourrait donc être bénéfique pour le club. Ce que confirme Eric Di Méco, consultant pour RMC et ancien du club: «Il peut peut-être pacifier un vestiaire qui commençait à être un peu tendu, avec des jeunes à l’égo surdéveloppé et des anciens qui veulent garder les rênes. Il peut remédier à ça.»

Doit-il rester sur le banc jusqu’en fin de saison?

Christophe Bouchet, le président qui a vraiment lancé Anigo sur le banc de l’OM en 2004, estime lui  «que José est dans un engagement total pour le club. Il arrive à transmettre sa passion aux joueurs. Mais la limite, c’est qu’au-delà de cette passion, il peut-être trop émotionnel.»

Chargé d’assurer l’intérim jusqu’à la trêve par son président Vincent Labrune, José Anigo peut-il finir la saison sur le banc phocéen? « Pour moi José est un véritable entraîneur, je l’ai toujours pensé, note Christian Larièpe. Je ne vois pas où est le problème s’il termine la saison.» Mais pour cela, l’ancien minot devra assurer jusqu’à la trêve. Pas simple, surtout qu’une grosse affiche se présente dès mercredi au Vélodrome avec la venue de Dortmund. En cas d’échec, sa cote – haute chez les supporters - pourrait vite se dégrader sur les bords de la Méditerranée. Et ses détracteurs se chargeront de rappeler que son bilan statistique à la tête de l’OM est plus que moyen (18 victoires, 16 nuls, 17 défaites) et loin des temps de passage d’Elie Baup.